Alors que la période des cent jours annoncée par Emmanuel Macron fin avril touche à sa fin, l’agenda du Président se trouve bousculé par les violences urbaines. Dans ce climat trouble, les mesures sur l’immigration ou encore le remaniement du gouvernement n’arriveraient certes pas à point nommé. Emmanuel Macron saura-t-il tirer parti de cette situation ?
Force est de constater que l’agenda du Président est quelque peu perturbé par les violences urbaines. La perception des décisions qu’Emmanuel Macron avait prévu de prendre risque d’être faussée.
D’abord, concernant le remaniement, compte tenu de son agenda international, la fenêtre de tir pour changer l’équipe gouvernementale s’ouvre ce weekend. Cependant, si Emmanuel Macron procède à un remaniement dans les prochains jours, les Français l’interprèteront comme une réponse aux émeutes.
Or, ce n’est pas le sens que le chef de l’État souhaite lui donner. L’objectif est d’offrir de nouveaux visages à plusieurs grands chantiers, et non de colorer son gouvernement sous le signe de la fermeté ou de la sécurité.
L’épineux sujet de l’immigration suscite l’embarras du Président dans le contexte actuel
Ces derniers jours, Emmanuel Macron a fait part de cette gêne à ses conseillers, qui s’empressent de préciser que ces questionnements ne signifient pas pour autant que le chef de l’État renoncera forcément à remanier ce week-end pour attendre l’automne. Tout est encore possible mais l’équation devient plus compliquée.
Même embarras sur un sujet que le président voulait voir revenir en haut de la pile avant les grandes vacances : celui de l‘immigration. De la même manière, l’un de ses plus proches collaborateurs témoigne : « le Président ne veut pas que les initiatives que nous allons prendre soient analysées comme une réponse aux récentes émeutes, commises à 90 % par des délinquants de nationalité française. »
Les violences urbaines raniment le clivage droite-gauche, une opportunité pour Emmanuel Macron
Si l’agenda du Président est certes percuté, cette nouvelle crise des banlieues constitue également une opportunité politique, car elle réactive le clivage droite-gauche mais aussi extrême droite–extrême gauche.
Alors que qu’une entente tacite allant du Rassemblement National aux Insoumis en passant par une grande partie des Républicains avait pu être observée contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron, aujourd’hui, les avis divergent radicalement et l’antagonisme est total comme l’illustre de manière grotesque l’affaires des deux cagnottes et sa récupération politique par les pires extrémistes des deux bords.
Le chef de l’État pourrait relancer son second mandat grâce à l’efficacité dont il a fait preuve
Pour ce qui est des solutions, les uns ne voient de salut que dans la répression, les autres ne jurent que par les éducateurs et la rénovation urbaine. Dans ce contexte, le Président retrouve des marges de manœuvre d’abord institutionnelles : en tant que chef de l’État, c’est lui qui répond à la principale demande des Français, à savoir le retour de l’ordre, mission accomplie en six jours.
Cette situation lui laisse également une certaine latitude en matière politique. Quand le concours Lépine des idées toutes plus radicales les unes que les autres est lancé, le dépassement ADN du macronisme reprend des couleurs. « Nos concitoyens savent différencier une proposition raisonnable d’un projet farfelu » croit savoir un ministre.
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Reste à Emmanuel Macron dans sa prise de parole du 14 juillet d’apparaître en champion du camp de la raison et donc de l’efficacité, ce qui serait un bon point de départ pour relancer son second mandat.