Mort de Nahel à Nanterre : La Nupes fustige évidemment les violences policières

Alain ROBERT/SIPA

La mort de Nahel à Nanterre, tué par un policier ce mardi, a suscité de vives réactions au sein de la classe politique. À gauche, la Nupes qui a coutume de s’insurger contre les récupérations politiques, se saisit de ce drame pour vitupérer contre la police. Peut-on qualifier ces réactions de prévisibles ?

À gauche, la réaction de la Nupes, où le drame de Nanterre a vite basculé dans le procès de la police en général, était hélas prévisible.  Si, selon Jean-Luc Mélenchon, il faut « refonder entièrement cette police », Marine Tondelier, la patronne des Verts, a quant à elle pointé un problème de « racisme » dans la police.

Les réactions de ce type sont monnaie courante à gauche, et sont proprement hallucinantes car elles transforment un cas individuel, aussi choquant soit-il, en théorie générale et presqu’en doctrine d’emploi.

La Nupes, entre récupération politique et amalgames

Ici, prime une logique parfaite de l’amalgame. Ce sont les mêmes qui n’ont cessé de brandir le « pas d’amalgame » face au terrorisme islamiste ne manquent pas d’air, qui s’indignent quand la droite ou le Rassemblement National s’interrogent sur le lien entre la non-maîtrise de l’immigration et les actes de délinquance commis par des étrangers, qui incriminent tout le système policier quand l’un des leurs est mis en cause, et ce sont eux aussi qui s’indignent de la récupération d’un fait divers, mais n’ont aucun problème à faire de la politique alors que l’enquête sur ce qui s’est réellement passé n’a pas même commencé.

La loi de 2017 sur l’usage des armes des policiers contestée

Le sénateur écologiste Thomas Dossus a prétendu que si on ne revenait pas sur cette loi, celle-ci allait « provoquer d’autres drames ». Cette loi de 2017 avait été prise dans le prolongement des attentats de Paris, dans un contexte de violences croissantes contre les forces de l’ordre. Votée sous François Hollande, elle concernait l’usage des armes dans une « absolue nécessité » et avec une « stricte proportionnalité ».

Dans le cas de Nanterre, la nécessité n’est pas évidente et la proportionnalité n’a pas été respectée. Il est donc aberrant de s’en prendre à une loi quand c’est précisément son non-respect qui est en cause.

Faut-il redouter un embrasement des « quartiers » ?

L’embrasement des « quartiers » à Nanterre, à Mantes ou ailleurs a eu lieu dès mardi soir. Et c’est la grande angoisse de l’exécutif. D’où les mots très équilibrés et très prudents d’Emmanuel Macron, d’Élisabeth Borne ou encore de Gérald Darmanin, qui semblent avoir pour obsession de ne pas jeter d’huile sur le feu pour conjurer tout basculement. [On a appris depuis que pour conjurer une escalade des violences, le ministre de l’Intérieur a annoncé le déploiement de 40 000 policiers sur tout le territoire.]

En parlant d’acte « inexplicable » et « inexcusable », le chef de l’État ne semble pas attendre lui-même le résultat de l’enquête. Il n’aurait pas été incongru qu’il ajoutât que rien n’expliquait ni n’excusait non plus les refus d’obtempérer ou la réponse par la violence.

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Après tout, après l’assassinat de Samuel Paty, les attaques dans la cathédrale de Nice ou le square d’Annecy, personne n’a brûlé de voiture. Pourquoi faudrait-il l’accepter ici ? L’émotion légitime après un drame ne doit pas faire oublier les impératifs de l’État de droit et de l’ordre public.

Guillaume Tabard

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