Les réactions à l’attaque contre la famille du maire de L’Haÿ-les-Roses samedi soir sont sans appel : des rassemblements auront lieu ce jour devant les mairies. Par ces manifestations de soutien, la « majorité silencieuse » condamne le seuil de violence qui a été franchi par les émeutiers.
Cette attaque contre le domicile privé d’un maire, contre sa femme et ses enfants, marque un point culminant de la violence insurrectionnelle qui saccage de nombreuses villes de France depuis la mort de Nahel à Nanterre.
Dès mardi soir, la colère n’était pas uniquement verbale et symbolique, mais aussi criminelle et destructrice. Des voitures ont été brûlées, « comme d’habitude » pour ainsi dire.
L’attaque de L’Haÿ-les-Roses, un électrochoc de violence pour le pays
Les pillages de magasin ainsi que les attaques de lieux et de symboles publics (mairies, bibliothèques, médiathèques, écoles) constituent cependant un phénomène inédit, du moins d’une ampleur inégalée.
À L’Haÿ-les-Roses, c’est un seuil de violence supplémentaire qui a été franchi avec l’attaque de la famille du maire à la voiture-bélier. Même ceux qui, depuis près d’une semaine refusaient d’appeler au calme, ont bien dû reconnaître que cette attaque de personnes physiques, avec une intention claire de tuer, constituait un point de bascule inacceptable.
Soutiens politiques à Vincent Jeanbrun : L’émergence d’un consensus politique ?
Jean-Luc Mélenchon et Sandrine Rousseau ont été exprimé leur soutien au maire de L’Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun, un soutien qui ne constitue nullement une condamnation formelle des émeutiers, et ne fait montre d’aucun regret ni de la moindre contrition pour ne pas avoir appelé au calme ou pour avoir considéré que le problème n’était que du côté de la police ou du gouvernement.
Sandrine Rousseau est allée jusqu’à se demander si les pillages des magasins ne reflétaient pas un problème de pauvreté. Ce qui, au passage, témoigne d’un mépris des pauvres.
Pour leur part, les Insoumis ont commencé par refuser de condamner les émeutes, une députée LFI déclarant que la fin justifiait les moyens. Vendredi, Jean-Luc Mélenchon avait finalement demandé aux jeunes d’épargner les écoles, les gymnases et les bibliothèques, ce qui signifiait en substance : « tout le reste, vous pouvez y aller ». Et, malheureusement, Jean-Luc Mélenchon avait oublié de préciser qu’il ne fallait pas s’attaquer aux domiciles privés des élus.
Rassemblements devant les mairies, l’expression d’un « sursaut républicain »
Le choc de l’attaque contre la famille de Vincent Jeanbrun va peut-être conduire à terme à un consensus politique pour dénoncer la violence des émeutiers. Mais, la responsabilité de ceux qui ont tenté de la comprendre, de l’excuser ou de la justifier reste très lourde.
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Dans son intervention hier soir au 20h de TF1, Vincent Jeanbrun a parlé de « sursaut républicain » et a invité la « majorité silencieuse » à devenir la « majorité qui s’exprime ». C’est effectivement ce qui se joue : il s’agit de ne pas donner le point aux émeutiers. C’est aussi cela qui les fera reculer.