Remaniement : Ces deux raisons pour lesquelles l’Elysée parle « d’ajustement »

Eric TSCHAEN/POOL/SIPA

Elisabeth Borne a été confirmée à Matignon, place maintenant au remaniement. Il y a des rumeurs, des supputations, des déductions, parfois même des intox ou des souhaits. Mais ’à l’arrivée, il y en a un seul qui décide, c’est Emmanuel Macron.

Ça fait plusieurs semaines que le départ de Pap Ndiaye est donné pour certain, celui de François Braun, Jean-Christophe Combe ou Marlène Schiappa pour probable, celui d’Olivier Klein et Olivier Véran comme possible. On sera fixé ce soir ou demain.

La seule chose dont on soit certain, c’est ce qu’a fait savoir l’entourage d’Emmanuel Macron, à savoir que ce ne sera pas un nouveau gouvernement, ni même un grand remaniement, mais un « ajustement ». Soit un remaniement sans signification politique.

Faut-il s’attendre à l’entrée au gouvernement de grandes figures de la gauche et de la droite ?

Ça veut dire déjà un gouvernement dont les piliers ne bougent pas. Bruno Le Maire va rester à Bercy et Gérald Darmanin à l’Intérieur, tout comme Sébastien Lecornu aux Armées et Eric Dupond-Moretti à la Justice.

Ça veut dire aussi un gouvernement dont les équilibres politiques ne seront pas modifiés. On l’a constaté, ces cent jours n’ont pas permis d’élargir la majorité ni de mettre sur pied une coalition. Donc il n’y a aura pas de grandes figures de la droite ou de la gauche qui vont faire leur entrée et sans doute pas de prise de guerre spectaculaire.

Mais attention. Je vous disais que les départs de Pap Ndiaye et de François Braun étaient probables voire certains. Or, l’Education et la Santé ne sont pas ce qu’on appelle des portefeuilles régaliens, mais ce sont assurément les deux secteurs qui intéressent et qui concernent le plus grand nombre de Français.

La plupart des ministres sont de parfaits inconnus

Ce sont aussi deux chantiers que le chef de l’Etat a théoriquement érigés en priorité absolue de son second mandat et où, effectivement, un électrochoc est nécessaire. Donc si les deux titulaires sont bien remplacés, Emmanuel Macron aurait intérêt à en faire un puissant symbole politique, au sens noble du terme, plutôt qu’à parler d’«ajustement ».

Si ce mot est utilisé par l’Elysée, c’est pour deux raisons. La première c’est qu’aux yeux de l’opinion, le seul remaniement qui a une signification c’est un changement de premier ministre. Quant aux ministres, à part trois ou quatre, ils restent souvent de parfaits inconnus. Donc la liste qui sera publiée aura un côté : on reprend presque tous les mêmes et on continue. Oui, cela donnera une simple impression d’ « ajustement ».

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Et la deuxième raison, c’est que Macron, on le voit bien, fait tout pour banaliser la clôture de cette séquence après avoir solennisé son ouverture. Si jamais il veut, ou s’il a les moyens de frapper les esprits, ce ne sera pas avec le nom des futurs ministres, mais avec ce qu’il dira, lui, dans un entretien, vraisemblablement dans la presse quotidienne régionale, à paraître vendredi.

Guillaume Tabard

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