Eric Dupond-Moretti : Malgré des vents contraires, le ministre de la Justice veut laisser son nom en politique

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le Garde des sceaux Eric Dupond-Moretti va avoir du pain sur la planche en 2023, avec notamment la présentation de son plan d’action pour la justice. L’occasion, peut-être, de laisser son empreinte à la Chancellerie.

Eric Dupond-Moretti est resté au ministère de la Justice plus longtemps que Rachida Dati, mais moins que Christiane Taubira

Eric Dupond-Moretti présentera le 5 janvier son plan d’action pour la justice, un rendez-vous très attendu. Il prévoit des mesures de simplification, des recrutements de magistrats, de greffiers, il y aura enfin des réformes dans un secteur qui souffre. Les dossiers s’enlisent, les délais sont interminables, et le sous-effectif est criant. Ce plan d’action, indispensable, est le fruit des Etats généraux de la justice. Il a été plusieurs fois reporté. Le Garde des sceaux est donc attendu au tournant, mais il a déjà délivré quelques bonnes nouvelles aux professionnels du secteur. Il vient d’aligner trois budgets d’affilée en hausse de 8%, c’est une prouesse. On peut imaginer qu’« Acquitator » [son surnom d’avocat], a soigné ses plaidoiries lors des négociations à Bercy. Mine de rien, Eric Dupond-Moretti commence à faire son petit bonhomme de chemin. Cela fait deux ans et demi qu’il est à la Chancellerie. C’est plus que Rachida Dati, Marylise Lebranchu ou Jacques Toubon. Mais il n’a pas encore atteint la longévité des Badinter, Taubira, Guigou et même de Nicole Belloubet qui ont franchi chacun le cap des trois ans.

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La coexistence avec Gérald Darmanin n’est pas simple

Et pourtant, Eric Dupond-Moretti a dû affronter pas mal de vents contraires, surtout avec les magistrats. Le courant ne passe pas bien. Il y a aussi cette mise en examen pour prise illégale d’intérêts qui écorne son image de Garde des sceaux. Enfin, son entrée en politique a été plus difficile que prévue. La coexistence avec Gérald Darmanin n’est pas simple. Entre la Chancellerie et le ministère de l’Intérieur on se renvoie souvent la balle quand ca chauffe, comme par exemple quand les migrants de la Presqu’île de Giens avaient été relâchés de leur centre de rétention sur décision judiciaire. Et puis il a connu un baptême du feu électoral compliqué dans les Hauts-de-France. Les dernières régionales ont été un fiasco pour les macronistes. Critiqué mais toujours là, le Garde des sceaux cherche à cultiver une voix à part pour surnager dans ce second quinquennat. Ce n’est pas simple. Il ne fait partie d’aucune chapelle pour la suite. Alors il essaie de sortir un peu de son couloir de nage ministériel, comme on l’a vu sur la corrida, qu’il a défendue bec et ongles. Si Eric Dupond-Moretti veut laisser son nom en politique, l’année 2023 sera décisive.

Marcelo Wesfreid

 

 

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