Emmanuel Macron a précisé hier, dans une interview au journal Le Point, les contours de sa « grande initiative politique », un moment « inédit » pour le chef de l’État, qui souhaite rassembler l’ensemble des partis représentés autour d’une discussion d’ampleur. Que faut-il retenir de cette annonce ?
Emmanuel Macron a décidé d’inviter tous les présidents des partis politiques représentés au Parlement le 30 août de La France insoumise, au Rassemblement national, alors même que ces deux formations étaient le plus souvent exclues des discussions, au motif de « l’arc républicain ». Mais en ce moment « inédit », selon les mots du chef de l’État, il faut parler à tout le monde.
L’idée de cette discussion est d’échanger sur des sujets divers et variés, de la famille aux territoires, en passant par l’école, la culture, le service national, autant de thèmes qui pourraient donner lieu à des « convergences ». Emmanuel Macron souhaite trouver des accords qui permettraient de déboucher sur des « décisions immédiates », comme il le dit, ou des projets de loi trans-partisans ou même des projets de référendums.
Emmanuel Macron est prêt à se rapprocher des oppositions pour réaliser sa « grande initiative politique »
Le président est prêt à faire un pas vers l’opposition, principalement la droite, et plus particulièrement Les Républicains. Selon les autres annonces d’Emmanuel Macron dans le journal Le Point, on trouve un certain nombre de gages accordés à cette famille politique.
Sur l’école, par exemple, où le chef de l’État change complètement de braquet après un an de Pap Ndiaye à l’Éducation nationale, Emmanuel Macron martèle qu’il considère désormais l’école comme un sujet « régalien ». « C’est dans les salles de classe que se murmure la France », souligne le président, qui veut que l’histoire soit enseignée de manière chronologique, et faire de l’instruction civique une « matière essentielle ». Enfin, le chef de l’État a l’intention de raccourcir les vacances pour les élèves les plus en difficultés avec une rentrée dès le 20 août.
Concernant l’immigration, le président durcit le ton en voulant « réduire significativement l’immigration dite illégale ».
Emmanuel Macron a-t-il vraiment une chance de s’unir avec la droite ou même la gauche grâce à cette initiative ?
Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron annonce une initiative. Juste après les législatives, plusieurs personnalités ont assuré que le président leur avait soufflé l’idée d’un « gouvernement d’union nationale ». En mars dernier, il a chargé sa première ministre de bâtir une coalition, puis d’élargir sa majorité.
Mais aujourd’hui, il revient finalement à l’idée de construire une majorité « de projet », autrement dit une majorité « texte par texte », ce qu’Élisabeth Borne tente de faire depuis un an, en bataillant sur chaque thématique, ce qui n’a pas été forcément concluant.
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Certes le couple exécutif se targue d’avoir fait adopter un grand nombre de textes, mais combien de fois le 49.3 a-t-il été activé ? Combien de fois le gouvernement a-t-il essuyé des revers ? Combien de fois le dialogue a-t-il été mis à l’arrêt ? Avec cette grande initiative, le chef de l’État donne l’impression d’un retour à la case départ. Toujours est-il que la formule magique qui sortira Emmanuel Macron du mauvais sort de la majorité relative n’a toujours pas été trouvée.
Dinah Cohen