Golf saccagé en marge du « Convoi de l’eau » : Pourquoi la gauche ne condamne pas les Soulèvements de la Terre

UGO AMEZ/SIPA

Une enquête a été ouverte, dimanche, après que des militants des Soulèvements de la Terre ont saccagé un golf dans le département de la Vienne en marge du « Convoi de l’eau » contre les méga-bassines. Alors que le préfet et le ministre de l’Agriculture font part de leur indignation, la gauche, elle, ne condamne ces exactions.

Il ne sera « jamais possible » de dialoguer avec « ceux qui entendent imposer leur loi par la violence ». Voilà en effet les termes employés par Marc Fesneau, en charge du ministère de l’Agriculture au sein du gouvernement. Les mots sont forts, motivés par les images diffusées par la préfecture : on y voit du matériel dégradé, une pelouse arrachée et recouverte de slogans, comme « cent jours pour vous sécher ». L’action est même signée par les « Soulèvements de la Terre » – ce mouvement écologiste dont la dissolution voulue par Gérald Darmanin a récemment été suspendue par le Conseil d’État.

Les faits se sont déroulés en marge du « Convoi de l’eau », un cortège de cyclistes et de tracteurs qui s’est donné une semaine pour parcourir 300 kilomètres et réclamer un moratoire des projets de « méga-bassines » – ces constructions de réserves d’eau envisagées pour les agriculteurs. Le collectif avait dit ne pas vouloir de débordement, mais les militants, pour certains cagoulés, se sont introduits sur le terrain de golf, devenu symbole d’une consommation en eau jugée déraisonnable.

Les Soulèvements de la Terre n’ont pas été condamnés à l’unanimité par les hommes politiques

À gauche, les personnalités politiques ne se sont pas vraiment bousculées pour réagir. Pas plus tard que vendredi, la première secrétaire d’Europe Écologie-Les Verts, Marine Tondelier, rappelait pourtant son opposition farouche aux « méga-bassines » et donc son soutien à la démarche du « Convoi de l’eau ». Idem pour une grande partie des élus écologistes, qui n’ont pas jugé utile de prendre la parole.

D’autres en revanche ont pris position, mais pas pour les condamner. On peut ainsi citer Sandrine Rousseau, qui s’est contentée de réaffirmer : « force à ce soulèvement ». On peut aussi évoquer, de manière peut-être plus surprenante, le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, réduisant les dégradations au fait, je cite, « d’arracher quelques centimètres carré d’herbes sur le Green d’un golf ».

L’affaire des « méga-bassines », un air de déjà-vu

La gauche ne semble pas vouloir changer de stratégie. L’affaire des « méga-bassines » rappelle celle des manifestations des mois de mars et d’octobre par exemple. Interdites par la préfecture, elles s’étaient tout de même tenues avant de terminer en violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Des élus, notamment écologistes et insoumis, étaient présents à chaque fois. Et déjà, leurs condamnations timides voire inexistantes avaient fait l’objet de vives critiques.

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Avec ce nouvel incident, il faut donc comprendre que le cap reste le même. La France entre dans une nouvelle période de canicule, le Canada brûle, le sud des États-Unis suffoque : la liste des catastrophes climatiques n’en finit plus. Face à l’urgence, les écologistes, et même la gauche de manière générale, font une fois de plus le choix de la radicalité, au risque de tenir une ligne qui semble incompatible avec celle d’un parti de gouvernement. Reste à savoir si le pari peut être gagnant, à seulement dix mois des élections européennes.

Dinah Cohen

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