Une partie des maires se sont retrouvés une fois de plus « en première ligne » tout l’été. Dominique Faure, la ministre déléguée à la Ruralité a lancé une discussion ce week-end pour améliorer les conditions d’exercice de ce métier, mais l’accueil de cette mesure reste mitigé.
Dire que les maires sont « en première ligne » est devenu une expression consacrée. Que ce soit sur les incendies, la canicule, les émeutes du mois de juillet ou même le sur-tourisme, les maires ont été, encore et toujours, ultra mobilisés, parfois au détriment de leur propre sécurité, à l’instar de cet élu, Jean-Luc Algay, agressé samedi dernier par des gens du voyage dans sa commune de Charente-Maritime. L’édile tentait de s’opposer à leur installation sur le stade municipal quand il a été pris à partie par un groupe d’individus.
Ce n’est pas la première fois qu’une agression de ce type a lieu. Des agressions et menaces d’élus ont désormais lieu toutes les semaines, à tel point que le nombre de maires démissionnaires a explosé depuis les dernières élections locales. L’Association des Maires de France en dénombre plus de 1.200, ce qui constitue un véritable problème démocratique, à seulement trois ans du prochain scrutin.
Dominique Faure a ouvert ce week-end une discussion sur la protection, la formation et les indemnités des maires
Le gouvernement essaye de prendre le problème à bras le corps. Notamment par la voix de Dominique Faure. La ministre déléguée chargée de la Ruralité a annoncé ce week-end l’ouverture d’une réflexion en trois axes : la protection des maires, leur formation et leurs indemnités.
Le dernier point est particulièrement sensible puisque l’indemnisation des maires est proportionnelle à la taille de la commune. Pour vous donner quelques chiffres, la fourchette s’étend de 1.026 euros bruts par mois pour l’élu d’un village de moins de 500 habitants, à 5.837 euros pour le maire d’une ville de plus de 100.000 administrés, ce qui pénalise donc davantage les élus ruraux, qui doivent souvent cumuler leur mandat et une autre activité professionnelle.
Les maires souhaiteraient obtenir une reconnaissance de leur statut
L’accueil de cette annonce reste cependant mitigé. Tout d’abord, les maires ruraux s’agacent de voir que la spécificité de leur situation n’est toujours pas reconnue. Ensuite, les élus de manière générale alertent les autorités publiques sur le fait que la question de l’indemnité est importante mais ne doit pas monopoliser le débat au détriment des autres problématiques, en particulier celle du statut de l’élu.
De quelle reconnaissance dispose le maire ? Comment ses responsabilités sont-elles prises en compte par l’État ? Comment donne-t-on encore envie à de jeunes élus de s’engager dans cette voie, alors que les démissions pleuvent dans tout le pays ? Telles sont les questions auxquelles doit répondre le gouvernement.
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Dominique Faure compte pour cela s’appuyer sur une enquête de l’AMF, l’Association des Maires de France, et sur la participation des associations d’élus locaux, qui pourront s’exprimer sur cette convention aux alentours du mois d’octobre. La ministre est d’autant plus attendue au tournant que les relations entre Emmanuel Macron et les maires restent encore tumultueuses, alors que le maire reste l’une des dernières figures de proximité, dans une période de défiance qui ne finit pas de s’accroître.
Dinah Cohen