La Russie de Vladimir Poutine nucléarise l’Afrique

Sergei Bobylev/SPUTNIK/SIPA

La Russie a signé de nouveaux accords avec des pays africains francophones portant sur des projets relatifs au secteur énergétique – et pas des moindres. Alors que le Proche-Orient est en ébullition, que cherche encore le Kremlin en Afrique ?

A l’occasion de la Semaine russe de l’énergie, la Russie a signé vendredi 13 octobre des accords très importants. Le Burkina Faso a paraphé un mémorandum d’entente pour la construction d’une centrale nucléaire. Le Mali, de son côté, a conclu un accord de coopération visant à développer le nucléaire civil, ce qui inclut la formation du personnel, des installations de recherche et la sensibilisation du public à cette énergie.

Ces pays manquent cruellement de ressources énergétiques. A la fin de l’année 2020, seuls 22,5% des Burkinabés avaient accès à l’électricité, plus précisément : 67,4% en zone urbaine, 5,3% en milieu rural. Ces chiffres montrent qu’il existe une fracture énergétique, laquelle accroît les disparités et menace l’unité du pays. Mais en face de ces arguments, il y a un grand nombre d’objections.

Trois objections à la nucléarisation de l’Afrique

Sans en venir à l’exemple de l’Iran qui a utilisé le nucléaire civil pour dissimuler une accumulation de plutonium destiné à un usage militaire, il y a trois objections. D’abord, selon plusieurs experts, le Burkina Faso ne dispose pas de personnel qualifié suffisant pour faire fonctionner une centrale nucléaire. Ensuite, le continent africain ne compte pour l’heure qu’une seule centrale nucléaire, en Afrique du Sud. Voir ce type d’implantations se multiplier transformerait l’Afrique en zone de compétition nucléaire entre la Chine et la Russie.

Dernière objection, le Burkina Faso est confronté depuis plusieurs années à des violences jihadistes, qui ont fait plus de 17.000 morts et plus de deux millions de déplacés internes. On imagine quelle cible représenterait une centrale nucléaire pour les djihadistes.

La Russie, premier vendeur d’armes en Afrique subsaharienne

Ces accords avec la Russie pourraient aussi aggraver fortement la dépendance de l’Afrique. On connaissait déjà la dépendance alimentaire et militaire de ce continent. Pour rompre son isolement, la Russie a conclu des protocoles d’accord avec 18 pays africains.

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Par ailleurs, le pays de Vladimir Poutine est le premier vendeur d’armes en Afrique subsaharienne : Moscou devance la Chine, avec un total de 26% de parts de marché. Sur l’ensemble du continent, la Russie a fourni 44% des armes importées entre 2017 et 2021. C’est affolant.

Christian Makarian

 

 

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