Otages en Israël : « Militairement, c’est insoluble » déplore le colonel Michel Goya

Ali Mahmud/AP/SIPA

L’armée israélienne affronte une situation inédite, après les attaques terroristes sans précédent du Hamas : environ 130 otages sont disséminés depuis samedi dans la Bande de Gaza. L’ancien colonel des troupes de marine Michel Goya était l’invité de la matinale de Radio Classique pour livrer son analyse d’une situation inextricable.

Toutes les forces militaires israéliennes sont désormais concentrées vers la Bande de Gaza, d’où sont partis les combattants du Hamas. Mais certains pourraient avoir infiltré le territoire israélien, notamment des combattants suicides, indique le colonel Michel Goya, à la tête du blog stratégique et tactique La Voie de l’épée.

Alors que l’opération « Glaive de fer » a été déclenchée lundi par Tsahal, comment vont opérer les soldats sans menacer la vie des otages, des Israéliens et des étrangers, dont des Français ? Malheureusement le constat est implacable : « Militairement, c’est insoluble ».

La Bande de Gaza, 360 km2 pour 2,3M d’habitants

L’invité de David Abiker explique que s’ils avaient été regroupés à un seul endroit, et s’ils étaient moins nombreux, une libération serait envisageable. Mais ils sont dispersés : « les libérer par la force, c’est impossible ». Il reste alors deux options à Israël : « soit la prudence, pour épargner leur vie, soit le combat pour faire le plus de mal possible au Hamas ».

La difficulté stratégique réside principalement dans la configuration même de la Bande de Gaza : « 360 km2, soit 1,5 fois Marseille, avec 2,3M d’habitants ». Les combattants du Hamas représentent « une goutte d’eau dans la population ». Le but de Tsahal pourrait être alors « de détruire toute l’infrastructure militaire, les caches d’armes, les tunnels et tuer le plus de combattants et de chefs du Hamas ».

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Le fait que la zone soit l’espace « le plus surveillé au monde », et avec les technologies les plus développées ne « simplifie pas le problème », selon Michel Goya. Quant aux 300.000 réservistes de l’armée, ils seront pour la plupart mobilisés face à la Bande de Gaza pour « une opération terrestre de très grande ampleur ». Il s’agira aussi de protéger les autres fronts possibles, notamment au nord face au Hezbollah. Cet appel aux réservistes a en tous cas un inconvénient : il paralyse la vie de la société, et cela ne peut pas durer plus d’1 ou 2 mois.

Béatrice Mouedine

 

 

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