Le journal Les Echos titre en Une ce vendredi sur « la folie SUV ». Les ventes de ces véhicules souvent critiqués pour leur bilan environnemental ont atteint un nouveau record en 2023. Mais le gouvernement compte serrer la vis pour freiner cet essor.
Nous sommes en plein paradoxe. D’un côté, on nous dit qu’il faut sauver la planète en faisant preuve de sobriété, que les pouvoirs publics agissent, que les entreprises s’activent et que les comportements des consommateurs changent. Mais de l’autre côté, il suffit de regarder la réalité des chiffres, qui est sans appel.
Sur le marché automobile, plus une voiture est grosse, grande et lourde, plus elle consomme et pollue. Pourtant, s’il y a bien un segment qui explose actuellement, c’est celui des fameux SUV, des véhicules descendant des 4×4.
Pour la première fois l’an dernier, ce secteur est devenu le plus important de toute l’industrie automobile en France : presque une voiture sur deux vendue est désormais un SUV. C’est plus que les berlines, les breaks, les coupés ou les cabriolets.
Des véhicules à tous les prix et pour tous les budgets
Le SUV plaît à la fois aux conducteurs et aux constructeurs. Il y a une demande forte, soutenue par une offre puissante.
Pourquoi les consommateurs apprécient-ils tant ces véhicules imposants ? Car dans un SUV, on est plus haut, on a le sentiment d’avoir plus de place, d’être mieux protégé. Les industriels, eux, en raffolent parce que ce sont les modèles les plus rentables : il s’agit de voitures plus grosses et plus équipées, ce qui permet de vendre de les vendre à tous les prix, et de s’adresser ainsi à tous les budgets.
Cela va de la Dacia Spring ou Duster au Q7 d’Audi en passant par la Peugeot 5008, les Volvo, les Porsche avec Cayenne et bientôt des Ferrari. Rien n’arrête les SUV, on peut donc bien parler de folie.
L’électrification du parc automobile ne compense pas les émissions importantes des SUV
Il y a un problème majeur : le bilan environnemental de ces véhicules au succès démesuré est très mauvais. Une étude universitaire américaine l’affirme clairement : « Sans l’essor des SUV, l’énergie consommée pour chaque kilomètre parcouru par les voitures aurait pu diminuer de 30 % de plus dans le monde ».
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a ajouté que « les SUV thermiques ont émis dans le monde plus d’une gigatonne de CO2 en 2022, bien davantage que les 80 millions de tonnes économisées grâce à l’électrification du parc automobile ».
Le malus à l’achat d’un SUV thermique va augmenter en 2024
De nombreuses voitures électriques sont aujourd’hui des SUV, et sont donc moins polluantes. Certains diront qu’il vaut mieux un SUV électrique qu’une vieille voiture à essence.
D’autres argueront que cela n’est vrai que si ce SUV n’a pas été fabriqué à l’autre bout du monde ou dans un pays dans lequel les usines tournent au charbon. Dans ces cas, le bilan carbone n’est pas bon du tout.
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Le gouvernement français a décidé d’attaquer frontalement le SUV. A partir de cette année, il y aura moins de bonus à l’achat pour la version électrique de ces véhicules, et beaucoup plus de malus pour leur modèle thermique. Le prix du stationnement sera en hausse. En 2024, le SUV va encore tirer les ventes, mais aussi les recettes de l’Etat et des communes.
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