Porte arrachée d’un Boeing 737 Max : le nouvel épisode d’une série noire pour le géant de l’aéronautique

/AP/SIPA

L’année 2024 commence très mal pour Boeing dont l’un des modèles est à nouveau au coeur d’un incident. Le régulateur américain a ordonné l’inspection des 737 Max 9 après l’envol spectaculaire d’une porte d’un avion vendredi soir.

Même si l’on a échappé à une véritable catastrophe aérienne, ce qui s’est passé à bord d’un vol d’Alaska Airlines est très grave. En fin de semaine dernière, quelques minutes après le décollage, alors que le Boeing 737 Max était à presque 5 000 mètres d’altitude, une porte de secours s’est arrachée, ouvrant un trou béant dans la cabine qui a subi une dépressurisation brutale.

Deux sièges heureusement inoccupés sont partis dans le vide mais l’avion a réussi à se poser et les 171 passagers et les membres d’équipages sont sains et saufs. Les personnes à bord ont échappé au pire mais c’est une catastrophe industrielle et économique pour Boeing.

Les 737 Max avaient déjà été mis à l’arrêt après deux catastrophes aériennes en 2018 et en 2019

Ce qui s’est passé dans le ciel américain est très grave pour le constructeur aéronautique. Bien qu’on ait la plupart du temps tort d’avoir peur en avion parce que c’est un mode de transport très sûr, et car les pilotes sont bien formés et les avions bien conçus et fabriqués, Boeing a un vrai problème sur ce 737 de nouvelle génération.

Il s’agit du même avion qui avait été cloué au sol il y a cinq ans suite à deux crashs mortels. Cela avait plongé l’avionneur américain dans une crise profonde dont il commençait à peine à sortir et là… rebelote. Le même appareil se retrouve au cœur d’un problème de qualité qui a un impact sur la sécurité.

/AP/SIPA

Le défaut ne concerne pas tous les 737 Max, mais seulement le 737-9 qui est celui qui peut transporter le plus de passagers. 215 modèles sont en service dans le monde. Presque partout, les autorités ont demandé que les avions soient immobilisés et examinés. Si l’inspection ne prend que quelques heures, cela risque tout de même d’avoir de lourdes conséquences économiques pour Boeing.

Un désastre pour l’image de marque de Boeing

L’impact de l’incident est encore difficile à chiffrer. Dans un premier temps il va falloir indemniser les compagnies aériennes qui ont dû ou doivent annuler des vols. Dans un deuxième temps, il va falloir payer des inspections et régler le problème industriel qui est sans doute localisé chez Spirit, un sous-traitant qui assemble des parties du fuselage.

Mais le vrai problème concerne l’image de l’entreprise à long terme. A l’heure des réseaux sociaux, des vidéos de la porte arrachée de l’avion ont très rapidement circulé. Pour l’image de marque de Boeing en général et du 737 en particulier, c’est une catastrophe.

Le sérieux et la fiabilité du groupe ont longtemps été des atouts essentiels

Ces monocouloirs sont l’équivalent de la famille A320 chez Airbus : ils constituent le cœur de la demande et sont en quelque sorte les bus du ciel, ceux qui volent et transportent le plus de monde. Ce sont les modèles moyen-courrier préférés des compagnies low-cost.

Le 737 n’est évidemment pas condamné et toutes les compagnies ne vont pas tourner le dos à Boeing. Mais l’événement qui s’est produit n’a rien à voir avec l’accident de l’A350 de Japan Airlines qui a brûlé après avoir touché un petit avion qui n’avait rien à faire sur une piste.

A lire aussi

 

Ce n’est pas un accident isolé mais bien une série noire chez un géant industriel dont l’image de sérieux, de qualité et de fiabilité a longtemps été un actif essentiel.

David Barroux

Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique