L’avion à hydrogène n’est encore qu’un rêve d’Icare mais le constructeur aéronautique européen Airbus y croit dur comme fer. Il vient de le prouver en officialisant une prise de participation dans l’une des start-ups les plus en vue du secteur : l’américain ZeroAvia qui a conclu une levée de fonds de 116 millions d’euros la semaine dernière.
Basée au Royaume-Uni, l’entreprise financée par des grands noms tels que Bill Gates a fait sensation en janvier 2023 avec un vol test de dix minutes, devenant ainsi la première société à faire voler un avion de transport régional à hydrogène.
Soyons clairs : ce type de vols pour des départs en vacances ou des voyages d’affaires relève encore de la science-fiction. ZeroAvia a promis à ses investisseurs d’être le premier acteur du marché à proposer un modèle certifié capable d’assurer des vols réguliers dès 2025. Mais il s’agirait de tout petits avions accueillant dix à vingt personnes au maximum.
Pour le moment, l’agence européenne de sécurité aérienne n’a délivré aucune autorisation de vol pour le transport aérien commercial à hydrogène.
L’hydrogène n’est pas disponible en grande quantité
Cette molécule fait figure de Graal dans l’aviation. Elle est utilisée pour propulser les fusées Ariane et n’émet aucun gramme de CO2 mais pose des défis techniques et financiers immenses.
Extrêmement inflammable, l’hydrogène se stocke à -253 degrés, et nécessite des réservoirs quatre fois plus gros que ceux actuellement utilisés pour le kérozène. Il faut donc redessiner complètement les avions.
Enfin, ce carburant n’est aujourd’hui pas disponible en grande quantité. Pour le produire, il faut un très grand nombre d’éoliennes et de panneaux solaires. Or, si l’Europe fait feu de tout bois pour en installer partout, ils servent d’abord à décarboner l’électricité.
L’aéronautique n’a pas trouvé de solution miracle pour se décarboner
Contrairement à l’automobile qui a la batterie électrique ou à l’énergie qui a les éoliennes, les panneaux solaires et le nucléaire, l’aéronautique n’a pas encore trouvé sa martingale pour se décarboner.
Il y a certes les carburants durables produits à partir d’huiles de friture ou de déchets agricoles mais leurs quantités sont limitées et ils sont très convoités. Or, si le secteur aérien ne génère que 3% des émissions mondiales, la croissance du trafic doit les porter très largement au-delà.
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Pour tenir la promesse de neutralité carbone en Europe, il ne reste donc que deux options. Celle que préconise le très radical Jean-Marc Jancovici : limiter le nombre de vols autorisés dans une vie pour chaque individu. Ou celle que poursuit Airbus : l’innovation.
Sharon Wajsbrot
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