Le glyphosate, le plus puissant des herbicides et le plus décrié, n’a pas fini de diviser les Européens

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Le glyphosate est au cœur de nombreux procès. Il représente un peu le mal absolu, le symbole d’un capitalisme qui serait prêt à nous empoisonner pour se remplir les poches.

Le glyphosate nous pose deux problèmes. Le premier, c’est que pour la plupart des agriculteurs, c’est un mal nécessaire. Ils n’aiment pas payer et dépendre du glyphosate mais ne peuvent s’en passer. Le second problème, c’est qu’en France on voudrait l’interdire mais que la décision ne nous appartient pas. Elle se prend au niveau européen. Lors d’un vote qui se déroule ce vendredi, l’Europe pourrait réautoriser le glyphosate pour 10 ans. La France va s’abstenir.

L’autorisation actuelle arrive à expiration. Il faut donc soit réautoriser, soit interdire. Pour prendre sa décision, la Commission européenne a fait appel à l’expertise de l’Agence européenne des produits chimiques. Cette agence s’est appuyée sur des dizaines de rapports et elle recommande la prolongation de l’autorisation. C’est là-dessus que nos politiques doivent maintenant voter.

Le glyphosate considéré comme « cancérigène probable » par l’OMS

L’agence européenne n’a pas dit que le glyphosate était sans danger. Elle a dit qu’il fallait en encadrer l’usage, qu’il y avait des cas sur lesquels il était difficile d’affirmer qu’il n’y avait aucun danger, mais que dans l’état actuel des connaissances il n’y avait pas d’arguments assez solides pour interdire totalement et définitivement.

Le glyphosate a pourtant été reconnu comme un « cancérigène probable » par l’OMS. Personne ne dit que le glyphosate ne représente aucun danger. Mais la voiture, les requins sont dangereux. La viande et la charcuterie à trop forte dose aussi. Comme le sujet divise, il n’est pas sûr que les Européens arrivent à se mettre d’accord.

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C’est tout de même un étrange débat. Quand les scientifiques donnent leur feu vert, j’ai tendance à leur faire confiance, même si ce n’est pas ce qu’on a envie d’entendre. Concernant le glyphosate il n’y a pas de consensus mais il y a un camp de la raison qui a donné son avis. Il faut l’écouter et en parallèle accélérer les recherches pour proposer un jour des herbicides moins nocifs.

David Barroux

 

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