Arrêts maladie : Augmenter le délai de carence, une mesure impopulaire mais efficace

Mael Garnier/SIPA

Inquiet de l’envolée du coût d’indemnisation des arrêts maladie, Bruno Le Maire a promis de faire de ce sujet une « priorité ». Zoom sur ce chantier budgétaire.

La facture des indemnités journalières augmente de près de 4% par an depuis 2010 et elle a atteint près de 16 milliards en 2022, ce qui en fait un poste de dépense significatif et en expansion rapide. Au total, l’absentéisme a d’ailleurs doublé ces dix dernières années. Au moment où le gouvernement souhaite réduire un déficit public en plein dérapage, c’est donc un devoir de s’attaquer à cette question.

Il ne faut bien sûr pas négliger l’impact du vieillissement de la population et de l’augmentation naturelle des salaires compensés par la Sécurité Sociale, mais il n’y a pas que ça. Si les coûts d’indemnisation sont en forte hausse, c’est aussi que les arrêts de travail ont changé de nature.

Une augmentation du délai de carence

On ne compte plus les arrêts de complaisance fournis par des médecins et la fraude s’est, elle, professionnalisée. Sur les réseaux sociaux, on peut désormais trouver des kits clés en main fournissant faux bulletins de salaire et faux arrêts. Pour mettre un terme à ces pratiques, l’idée actuellement à l’étude serait de faire supporter aux salariés le coût des arrêts courts.

Cela reviendrait à augmenter le délai de carence actuel de trois jours pendant lesquels l’Assurance Maladie s’abstient d’intervenir, tout en interdisant aux entreprises de rémunérer le salarié arrêté pendant cette période élargie. De quoi dissuader les faux malades tout en faisant faire des économies à la Sécu et au secteur privé.

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Mais une telle mesure, très efficace financièrement, serait à coup sûr impopulaire. Comme pour la réforme du chômage en cours de gestation, le gouvernement risque d’avoir du mal à faire entendre que le seul moyen de lutter contre les profiteurs du système est de pénaliser tout le monde de manière indistincte. La solidarité a ses limites, surtout quand elle se traduit par une réduction des droits pour le plus grand nombre.

François Vidal

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