Depuis une semaine, le dérapage des comptes publics fait la une des journaux. Pourtant, la dette française se vend toujours aussi bien sur les marchés. Comment comprendre cette situation ?
On pourrait légitimement penser que certains se sont emballés pour rien, car la dette française a toujours autant d’acheteurs. L’écart entre les taux d’emprunt allemand et français s’est même réduit ces derniers mois. Mais cette embellie est factice et il ne faut surtout pas s’y fier car elle reflète en réalité l’appétit indifférencié des marchés pour les obligations d’Etat de la zone euro, alors que la Banque centrale européenne (BCE) va bientôt enclencher un nouveau cycle de baisse des taux.
Dans cette ambiance de fin de soirée, où les investisseurs cherchent à engranger des emprunts bien rémunérés, le risque spécifique de la France n’est pas pris en compte, mais cela ne va pas durer. D’abord, parce que la période actuelle est une parenthèse qui devrait se refermer avant l’été. Mais surtout parce que le verdict des agences de notation la dette française, attendu entre fin avril et fin mai, va remettre la situation financière de la France sous le feu des projecteurs.
300 milliards d’emprunts par an
Le gouvernement a donc un peu plus d’un mois pour présenter des mesures permettant de corriger la dérive des comptes publics et même si ces annonces tomberont forcément mal en pleine campagne pour les élections européennes, il a intérêt à se montrer convaincant. C’est même vital, car cette fois-ci la France n’a pas d’excuse.
Aucune crise économique ou géopolitique n’explique le dérapage spectaculaire enregistré l’an dernier. Preuve en est car nos voisins européens ont continué à réduire leur déficit budgétaire. L’Espagne va même faire mieux que prévu. Nous ne sommes donc plus seulement un des plus mauvaises élèves de la classe européenne en matière de finances publiques, nous sommes désormais décrochés et véritablement à la traîne.
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A notre niveau d’endettement et de déficit, c’est un luxe que nous ne pouvons pas nous offrir. Quand on emprunte 300 milliards d’euros par an sur les marchés, il est impératif de rassurer ses créanciers.
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