Dans une interview aux Echos, Pierre Moscovici, le patron de la Cour des comptes s’inquiète de la situation de nos finances publiques, en dépit des 10 milliards d’économies annoncées par le gouvernement. C’est une alerte qu’il faut absolument entendre.
Dire qu’on est surpris par le discours du gardien des comptes publics serait exagéré. Mais on ne s’attendait pas forcément lors de cette interview à une charge d’une telle intensité. On a presque l’impression de lire une note d’une agence de notation. C’est bien simple, pour Pierre Moscovici les efforts annoncés récemment ne sont ni suffisants, ni même véritablement pertinents.
Pierre Moscovici : « Des efforts d'économies sans précédent dans l'histoire récente sont nécessaires » https://t.co/8DXhYq4fch
— Les Echos (@LesEchos) March 12, 2024
Sur leur ampleur, d’abord, il estime que la combinaison d’une croissance durablement faible et d’un déficit 2023 plus élevé que prévu, c’est-à-dire supérieur à 5% du PIB, nécessite d’élaborer un plan d’économies de 50 milliards d’euros d’ici à 2027. Soit le double de ce que prévoit le gouvernement pour cette année et l’année prochaine. Et encore, ces 50 milliards permettront à peine de ramener le déficit sous les 3%, ce qui est beaucoup moins ambitieux que ce que prévoient nos voisins.
Le coup de rabot sur les dépenses est inadapté et dangereux
Mais est-ce crédible ? Puisqu’il le lui dit lui-même, jamais un tel effort d’économies n’a été effectué dans l’histoire récente. D’autant qu’il faut en parallèle financer la transition écologique et faire face à une charge de la dette qui augmente du fait de la hausse des taux d’intérêt. C’est pour cette raison que Pierre Moscovici juge la méthode utilisée par le gouvernement, celle du coup de rabot sur les dépenses, inadaptée à la situation actuelle et dangereuse pour la croissance.
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Il invite à raison le gouvernement à travailler plutôt sur la qualité de la dépense. En réformant non seulement l’action de l’Etat, mais aussi celle des collectivités locales et en s’attaquant à l’efficacité de notre modèle social, qui représente la moitié des dépenses publiques. Le seul problème finalement, et il est de taille, c’est que le gouvernement n’a ni la majorité, ni sans doute la légitimité politique pour ouvrir un agenda aussi ambitieux. Et ça signifie que le pire est devant nous en matière de finances publiques.
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