Pour répondre à une évolution de la demande du côté des consommateurs, l’industriel fait le pari du végétal en lançant une nouvelle gamme de produits.
Si dans le rugby, on a coutume de dire que « les cochons sont dans le maïs », chez Fleury Michon, ils sont plutôt dans le pois chiche et la lentille corail ! Le groupe vendéen va lancer le 1er avril ses « Tranches Végé ». Le produit devrait ressembler à des tranches de jambon, avec un emballage similaire. Mais à la place du cochon, ces tranches seront à base de légumineuses comme des haricots blancs, des lentilles corail ou des pois chiches.
La forme reste, mais la couleur va changer car ces produits vont cuire à l’eau avant d’être mixés avec des bouillons aux légumes et aux aromates. Il ne faudra donc pas confondre la tranche de lentille corail avec une tranche de gouda.
50% des Français se disent flexitariens
Le groupe vendéen a décidé de faire des infidélités au cochon car les Français en mangent de moins en moins. Le marché du jambon de porc recul chaque année de 2 à 3 % en volume et cela depuis près de 10 %. Le produit a notamment souffert des débats autour de la dangerosité des nitrites, bien que chaque français mange environ 30 kilos de jambon, lardons et autres saucissons chaque année.
Les appels à manger moins de viande pour des raisons écologiques commencent aussi à modifier les habitudes de consommation, notamment chez les jeunes. Mais pas que, car 50 % des Français se disent aujourd’hui flexitariens, c’est-à-dire qu’ils ne mangent pas de viande tous les jours. L’inflation a peut-être aussi joué un rôle dans ce changement, alors que le prix de la viande a significativement augmenté ces dernières années.
Herta a déjà investi le marché du végétal
Le groupe vendéen ne pouvait donc pas passer à côté d’un phénomène qui monte alors que des concurrents comme Herta ont déjà bien investi le marché du végétal. Il avait déjà su innover par le passé avec le développement des tranches de volaille auxquelles personne ne croyait à l’époque. Il avait aussi su prendre le virage du jambon sans nitrite, qui représente désormais plus de 60 % de ses ventes.
Le marché des alternatives végétales à la viande est encore balbutiant en grande surface, mais il croît de 3 % en volume et pèse 150 millions d’euros au rayon traiteur. Il peinerait aujourd’hui à gagner de nouveaux consommateurs.
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Fleury Michon espère que ces tranches, faciles à mettre dans des sandwichs, des crêpes ou des croques monsieur, permettront de trouver de nouveaux consommateurs. Dernier avantage : sur un marché du jambon en contraction, ces nouveaux produits permettront de faire tourner les huit usines du groupe.
Pierrick Fay
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