Jean-François Colosimo, essayiste directeur de la maison d’édition catholique éditions du Cerf, publie un nouvel ouvrage intitulé Occident, ennemi mondial n°1 (Albin Michel), dans lequel il développe une théorie autour de cinq Etats contemporains qu’il désigne comme des « néo-empires » et leur rapport à « l’Occident ». Il était l’invité de Radio Classique le 5 avril.
A quelques jours du trentième anniversaire du début du génocide des Tutsi au Rwanda, Emmanuel Macron a déclaré que « la France aurait pu arrêter le génocide » avec l’aide de ses alliés mais « n’en a pas eu la volonté ». Jean-François Colosimo salue derrière cette déclaration une « attitude juste » mais veut préciser que « n’avoir pas eu la volonté, ça ne veut pas dire avoir été complice ».
Pour l’essayiste, certains événements liés au passé colonial de la France auraient permis d’apprendre « que nous sommes toujours en risque d’inhumanité » et de réaliser que « quand il y a mal, ce n’est pas la peine d’aller accuser un diable extérieur, il vaut mieux regarder ses propres démons intérieurs ». Cependant, il estime que nous serions aujourd’hui « dans une relation, et non pas dans une forme quelconque de domination » avec les pays du continent africain.
5 Etats qui « s’affronteront demain »
Jean-François Colosimo pointe du doigt la politique « de la barbarie et de la cruauté affichée » qui serait menée par cinq Etats qu’il qualifie de « néo-empires » : la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde et la Turquie. Ces pays, qui procèdent selon lui à un « immense réarmement », seraient en train d’affirmer « leur volonté de reconquérir leurs territoires et de dominer la planète ».
« [Ils] vont certainement se révéler des colonisateurs, des exploiteurs, des prédateurs » en Afrique subsaharienne, affirme-t-il. « Demain, ils s’affronteront, d’ailleurs ils n’ont pas cessé de s’affronter à travers les siècles ».
Une hydre prédatrice
Ces Etats, qui envisageraient le « Sud global » comme « l’échiquier de leur propre volonté de prédation », dénonceraient par ailleurs « l’Occident » comme une « hydre prédatrice, menteuse, corrompue, corruptrice », et ce de manière erronée selon Jean-François Colosimo.
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Le terme d’Occident, « qui n’a pas grand sens historiquement » car il « n’a pas cessé de changer de [signification] », n’aurait d’ailleurs depuis 1945 « qu’un sens concret : l’alliance atlantique », estime l’essayiste. Dominée par les Etats-Unis accompagnés d’une « une Europe continentale à la traîne », c’est d’elle que les néo-empires contemporains auraient fait leur ennemie. « Ils aimeraient viser les Etats-Unis » mais « l’Europe, c’est le maillon faible », déplore-t-il.
Ella Couet
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