La « culture du Hamas » a été inoculée comme un venin jusqu’aux fonctionnaires de l’ONU, estime Bernard-Henri Lévy

Francois Mori/AP/SIPA

Bernard-Henri Lévy publie un nouveau livre intitulé Solitude d’Israël (Grasset), qui fait suite à plusieurs autres de ses ouvrages sur le sujet, dans lequel il s’essaie au commentaire de la guerre en cours à Gaza et du conflit israélo-palestinien dans son ensemble. Il était l’invité de Radio Classique mardi 2 avril.

Ce livre, publié alors que l’ONU continue d’alerter sur la situation dans laquelle l’offensive israélienne sur Gaza plonge les Palestiniens, notamment en laissant s’installer la famine dans l’enclave, se veut un plaidoyer en faveur d’Israël et de sa lutte contre le Hamas.

L’ouvrage vise à fournir un « arsenal de munitions intellectuelles pour ceux qui veulent répondre à ce vent de haine qui souffle sur Israël et sur les juifs de France et du monde », indique son auteur qui souhaite ainsi expliquer à ses lecteurs « pourquoi Israël a raison et pourquoi la propagande du Hamas et de ceux qui le soutiennent est une infamie ». Car l’Etat hébreu ferait face à un « vent de réprobation », basé sur un « faisceau de contre-vérités » que Bernard-Henri Lévy ambitionne de réfuter.

Des soutiens variés

Il conteste l’idée, défendue selon lui par les défenseurs de la cause palestinienne, que le Hamas serait une « petite organisation ». « Le Hamas c’est le Hezbollah, c’est l’Iran, c’est la Syrie, c’est d’une certaine manière la Russie et c’est un peu la Turquie », estime-t-il, réunissant sous une même bannières ces Etats dont certains apportent un soutien actif au mouvement et d’autres un appui à la forme moins définie.

L’écrivain accuse également, pêle-mêle, les universités américaines, les pays arabes, la Russie, la France Insoumise et certains fonctionnaires de l’ONU de s’être vu « inoculer comme un venin » la « culture du Hamas », à l’instar de « toute une partie du monde ». Par son action depuis le 7 octobre, le Hamas aurait, selon lui, « repoussé la perspective même d’un Etat palestinien aux calendes » et « naufragé la cause palestinienne comme aucun leader palestinien avant eux », à travers une action qu’il juge « suicidaire ».

Israël, Etat colonial ?

Le « petit Etat » qu’est Israël, comme le qualifie Bernard-Henri Lévy, devrait être défendu car il « défend le monde libre et les démocraties » et « est en premier ligne du combat mondial contre l’islamisme radical » et « toute les nuances du vert islamiste ». L’essayiste réfute la qualification d’Etat colonial, qu’il juge « d’une stupidité confondante », car Israël aurait été créé, à ses débuts, contre la colonisation anglaise.

La colonisation israélienne a pourtant été dénoncée par l’ONU dans un grand nombre de résolutions depuis 1979, et considérée comme relevant du « crime de guerre » dans un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’homme, publié le 8 mars. Pour Bernard-Henri Lévy, s’il « faudra parler des colonies un jour », ce moment n’est cependant pas encore venu.

Un bilan humain « colossal »

« Stratégiquement, Israël est fort », appuie l’écrivain qui suppose que l’Etat « pourrait même aller jusqu’au bout de cette guerre », même s’il serait également très isolé moralement. « Si on laissait le Hamas triompher », imagine-t-il, « il y aurait beaucoup plus de victimes de toutes sortes ».

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La guerre à Gaza a pourtant déjà fait plus de 30.000 morts dont près de 13.000 enfants. Ce bilan humain « colossal » est pour Bernard-Henri Lévy le résultat d’un nécessaire « choix entre le mal et le moindre mal », auquel serait confronté l’Etat hébreu.

Ella Couet

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