Au Sénégal, le candidat de l’opposition au président sortant vient de remporter haut la main l’élection présidentielle. Mais qui est le nouvel élu et quels sont ses projets pour son pays ?
Il y a seulement une dizaine de jours, il était encore en prison où il purgeait une peine de onze mois. Aujourd’hui, à 44 ans, Bassirou Diomaye Faye va s’assoir dans le fauteuil présidentiel du Sénégal après avoir remporté une victoire éclatante dès le premier tour du scrutin présidentiel. Il a battu à plates coutures son adversaire Amadou Ba, candidat propulsé par le président sortant Macky Sall.
Celui-ci a précipité son pays dans une crise majeure en décidant brusquement de reporter la date de l’élection présidentielle pour se maintenir au pouvoir illégalement.
L’avènement du nouveau président Faye, un haut fonctionnaire issu de l’ENA de Dakar, fait changer le Sénégal de visage, mais soulève aussi de nombreuses interrogations.
Faye est issu du parti d’opposition Pastef
Ce pays de l’ouest de l’Afrique, peuplé de 18 millions d’habitants, est considéré comme un pays stable qui n’a pas rompu avec ses ambitions démocratiques. Pour preuve, le scrutin présidentiel vient de se dérouler sans entorse, bon nombre d’électeurs étaient visiblement heureux de pouvoir voter librement. Même Macky Sall a tenu à saluer la victoire de la démocratie sénégalaise.
Sénégalaises, Sénégalais
Mes chers Compatriotes
Hôtes étrangers
Qui vivez parmi nousLa tenue de l’élection présidentielle que nous venons de vivre consacre avant tout la victoire du peuple Sénégalais pic.twitter.com/SLsU7ZgVco
— Bassirou Diomaye Faye (@PR_Diomaye) March 26, 2024
Mais le programme de Bassirou Diomaye Faye reste encore à préciser. Le nouvel élu est issu du principal parti d’opposition, le Pastef, fondé par Ousmane Sonko, un homme charismatique qu’il a connu dans une salle de sport. Opposant majeur de l’ex-président Macky Sall, Sonko a donc parrainé Faye jusqu’à sa victoire éclair à la présidentielle, ce qui donne à son programme une coloration assez populiste.
Entre modernité et tradition
Faye réclame le « changement de système », il revendique un « panafricanisme de gauche » et insiste sur le rétablissement de la « souveraineté » nationale, bradée, selon lui, à l’étranger. Il promet aussi de partir en guerre contre la corruption, il s’engage à mieux répartir les richesses, à renégocier les contrats miniers, gaziers et pétroliers conclus avec des compagnies étrangères. La France n’échappera pas aux critiques et, possiblement, à certaines remises en cause.
Pour être sûr de vaincre, Faye devait, comme il le dit lui-même, se présenter comme l’homme de la rupture tout en cultivant la mise en valeur du modèle culturel national, qui lui a permis de séduire une partie importante du peuple. C’est à dessein qu’il est ainsi allé voter en compagnie de ses deux épouses, dans son village de Ndiaganiao, dans l’ouest du pays. Il est modernité et tradition.
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Le défi principal reste de stabiliser le Sénégal et de confirmer son orientation pro-occidentale, très précieuse, alors que la patrie de Léopold Sédar Senghor est environnée de pays secoués par des putschs chaotiques et alarmants.
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