Poutine réélu : Les défenseurs des droits de l’Homme redoutent qu’une « ligne rouge » soit bientôt franchie

Kommersant/SIPA

Vladimir Poutine passera 6 ans de plus à la tête de la Fédération de Russie, réélu avec plus de 87% des voix. L’issue de l’élection présidentielle ne faisait aucun doute, mais alimente les craintes des défenseurs des droits de l’Homme.

Au moins 70 personnes qui protestaient ont été arrêtées ce dimanche 17 mars selon une ONG russe. Les opposants politiques redoutent de connaître le même sort qu’Alexeï Navalny, le leader de l’opposition russe mort en prison en Arctique le mois dernier.

Olga Sadovskaya de l’ONG « le Comité contre la torture » est l’une des rares activistes qui ose encore témoigner à visage découvert en Russie : elle le sait, si elle est arrêtée, elle sera réduite au silence.

« C’est très risqué de combattre pour ses droits alors que vous êtes en prison. A Irkoutsk en Sibérie, nos collègues travaillent sur des cas de 90 prisonniers, des opposants politiques victimes de tortures sévères. Certains sont morts, d’autres se sont suicidés parce qu’ils ne supportaient plus la torture. Les défenseurs des droits de l’Homme ne sont pas encore aussi opprimés que les opposants politiques, mais on ne sait pas quand cette ligne rouge sera franchie et quand, toute personne qui critique le pouvoir sera considérée comme devant être écartée de la société. »

Macron perçu comme un héros national en Ukraine

En France, Emmanuel Macron a réaffirmé ce weekend que des « opérations sur le terrain » seront peut-être nécessaires « à un moment donné ». Des propos assumés du chef de l’Etat qui ont divisé les alliés européens. A l’inverse, cette posture a été saluée en Ukraine selon Yuri Sak, conseiller du ministre des Industries stratégiques ukrainien :

« Le président Macron est en train de devenir une sorte de héros national en Ukraine parce que les choses qu’il dit démontrent la résolution et l’engagement de la France de soutenir l’Ukraine. L’Ukraine n’a jamais demandé à ses partenaires internationaux d’envoyer des troupes militaires. Nous avons toujours dit : ‘on peut combattre cette guerre nous-même, donnez-nous juste des armes’, mais il ne faut jamais dire jamais, on verra ce qui va se passer ».

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« Au moment même où je vous parle, il y a une sirène d’alerte, des missiles balistiques entrent en Ukraine ! Si les Français ressentent un peu de peur, c’est normal : parce qu’une guerre majeure est en cours à 2000 kilomètres de Paris. »

Laurie-Anne Toulemont

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