Cette semaine, plusieurs groupes de combattants de nationalité russe, armés par les Ukrainiens, ont fait des incursions remarquées sur le territoire russe. Que faut-il penser de ces opérations ?
Mardi 12 mars, dans la région de Koursk sur le territoire russe en bordure frontalière de l’Ukraine, le village de Tiotkino a vu surgir un groupe armé, la Légion de la Russie, qui revendique une « Russie libérée de la dictature de Poutine. » Des zones ont été également atteintes par d’autres factions russes pro-ukrainiennes, le « Bataillon de Sibérie » et le « Corps des volontaires russes ». Parmi ces groupes, certains étaient équipés de chars.
Auparavant, des dizaines de drones ukrainiens ont visé des cibles russes, notamment une raffinerie et un dépôt de carburant. Le ministère russe de la Défense a confirmé avoir abattu des engins au-dessus des oblasts de Moscou, Leningrad, Belgorod, Koursk et Briansk, parfois à des centaines de kilomètres de la frontière ukrainienne. La mairie de Belgorod a été touchée et la ville de Koursk a décidé fermer les écoles.
Issus des minorités ethniques ou de l’extrême-droite
Ces groupes armés sont de compositions diverses. Dans le « Bataillon de Sibérie » intégré aux forces ukrainiennes, on trouve des recrues issues des minorités d’origine asiatique du grand Est de la Fédération. Ce sont des volontaires qui combattent les Russes ethniques qui relèguent leurs compatriotes au rang de chair à canon de l’armée russe. En revanche, parmi le « Corps des volontaires russes », on trouve la tendance contraire : des Russes ethniques, très proches de l’extrême-droite suprémaciste, pour qui Poutine détruit la fraternité slave.
Au-delà de cet aspect disparate, l’intention et la cible de tous ces combattants est la même : atteindre l’image de Poutine en créant de l’instabilité à la veille de la présidentielle. En mai dernier lors d’une précédente attaque sur le territoire russe, on sait que le maître du Kremlin était entré dans une colère noire en exigeant que cela ne se reproduise plus. C’est raté.
Gâcher le sacre de Poutine
L’impact des incursions relève bien davantage de l’action psychologique que d’un choc proprement militaire : il s’agit de montrer qu’il existe une opposition à Poutine qui est armée et qui peut gâcher son sacre. L’élection présidentielle russe débutera le 15 mars et durera jusqu’au 17 mars en raison de l’immensité du territoire russe, qui couvre 11 fuseaux horaires.
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Mais il ne fait aucun doute que le cinquième mandat de Vladimir Poutine est en marche, et ce dès le premier tour de la présidentielle. Du reste, le président sortant n’a même pas jugé utile d’organiser un meeting électoral, ce qu’il avait quand même fait en 2018. Cette fois, il a simplement prévu un meeting le 18 mars, au lendemain de sa réélection.
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