Puissance nucléaire russe : le candidat Poutine menace l’Occident partout, bien au-delà de l’Ukraine

Sergey Fadeichev/AP/SIPA

Vladimir Poutine a mis en scène sa candidature à l’élection présidentielle russe, qui aura lieu le 17 mars prochain. Mais il a proféré de nouvelles menaces, dont certaines visent spécifiquement la Finlande, où le maître du Kremlin cherche à provoquer une crise migratoire.

Vladimir Poutine a décidé de pousser tous ses feux. D’abord, il a été enhardi par l’éloignement de la perspective d’une victoire militaire ukrainienne et dopé par le doute qui s’est emparé des opinions publiques occidentales, mais aussi d’une partie de leurs élites.

Ensuite, le président russe a été encouragé par l’hypothèse d’une victoire présidentielle de Donald Trump sur Joe Biden en novembre 2024. Le maître du Kremlin se sent ainsi porté par les courants ascendants.

Deux nouveaux porte-avions à propulsion nucléaire inaugurés

Première conséquence de cette euphorie relative, comme il le fait de façon récurrente, Poutine rappelle aux Occidentaux que la Russie dispose d’une force nucléaire massive : environ 6 000 têtes pointées vers l’ouest.

Cet aspect est essentiel : c’est parce que la Russie est une puissance nucléaire que Joe Biden avait annoncé que les Etats-Unis ne déclareraient pas la guerre à la Russie dès le début de l’invasion de l’Ukraine. Une déclaration assez maladroite, que Vladimir Poutine a interprétée comme un permis de passage à l’action.

Le mois dernier, les forces russes ont chargé dans un silo de lancement le missile supersonique Avangard, qui volerait à 27 fois la vitesse du son. La semaine dernière, le président russe a inauguré deux nouveaux porte-avions à propulsion nucléaire, lesquels « vont briller dans le Pacifique, l’Arctique, la mer Caspienne, la mer Baltique et la mer Noire ». De quoi démontrer que la Russie cherche à contrer les Etats-Unis partout, bien au-delà de l’Ukraine.

Le Kremlin veut provoquer une crise migratoire en Finlande

Poutine vient de désigner comme prochaine cible un pays fraîchement admis dans l’OTAN : la Finlande. « Il n’y avait aucun problème là-bas, mais il y en aura maintenant, car nous allons créer le district militaire de Léningrad et y concentrer un certain nombre d’unités » a-t-il annoncé.

Une déclaration limpide : depuis que la Finlande a rejoint l’OTAN en avril 2023, la Russie tente de provoquer une crise migratoire en expédiant, à ses frais, des migrants qui franchissent clandestinement une frontière longue de 1 340 kilomètres. Pour se défendre, Helsinki a fermé toutes les voies d’accès au territoire finlandais jusqu’au 14 janvier 2024.

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En se déclarant candidat à sa propre réélection, ce qui lui ouvre la possibilité de rester au pouvoir jusqu’en 2036 grâce à plusieurs manipulations de la Constitution, Vladimir Poutine a choisi de faire de la guerre son principal argument électoral. Cette fois, contrairement à l’invasion de l’Ukraine, nous sommes prévenus.

Christian Makarian

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