Joe Biden et Xi Jinping se sont rencontrés ce mercredi à San Francisco : les deux hommes ont convenu de renouer le dialogue et de renforcer leur coopération contre le réchauffement climatique. La Chine veut reprendre langue avec les Etats-Unis, au moment où son économie ralentit à cause de la guerre économique entre les deux pays.
Il y a cinq mois à peine, Joe Biden traitait Xi Jinping de « dictateur », ce à quoi le régime chinois avait répondu en qualifiant ce propos d’« absurde » et de « très irresponsable ». Il ne s’agissait pas là d’une énième gaffe de Joe Biden ; le président américain savait pertinemment que la Chine était à la recherche d’un dialogue renoué.
Biden a même envoyé son secrétaire d’Etat, Anthony Blinken, à Pékin pour jouer au « good cop » (le gentil flic) afin de garder pour lui le rôle du « bad cop » (le méchant flic).
La guerre économique a été particulièrement néfaste pour la Chine
La patrie de Confucius, double championne du monde du communisme et du capitalisme réunis, premier fournisseur de l’Amérique, a grand besoin d’amadouer son partenaire. La guerre économique entamée par Donald Trump et poursuivie ardemment par Joe Biden a produit des effets palpables.
La Chine n’est plus la première destination des investissements américains et les entreprises chinoises ont investi aux Etats-Unis dix fois moins en 2022 qu’en 2016.
En 2018, la Chine était à l’origine de la moitié du déficit commercial américain sur les biens manufacturés ; désormais, elle en représente seulement le tiers. Plus frappant encore : au premier semestre 2023, l’addition des échanges des Etats-Unis avec ses deux pays limitrophes, le Canada et le Mexique, a dépassé le montant de ses transactions avec la Chine.
L’économie américaine a renforcé ses réflexes de défense
Cette évolution est à mettre en lien avec la politique protectionniste de Joe Biden, qui a durci le contrôle sur les investissements, augmenté sensiblement les aides à la relocalisation et réhaussé les droits de douane. L’économie américaine a ainsi renforcé ses réflexes de défense. La preuve par l’exemple : le géant Huawei a été exclu du marché des smartphones.
Ces mauvaises nouvelles s’ajoutent au ralentissement global de l’économie chinoise : en octobre dernier, les exportations ont baissé de 6,4 % et le chômage des jeunes dans les villes atteint plus de 21%, à tel point que le gouvernement a décidé de ne plus publier de statistiques à ce sujet.
Une crise ouverte avec Pékin évitée
En soutenant massivement l’Ukraine contre la Russie, Joe Biden a obtenu deux résultats. Il a d’abord laissé la Chine, qui n’est pas intervenue concrètement dans le conflit, occuper le banc de touche ; il a ensuite adressé à Pékin un avertissement clair et net concernant Taïwan, que Xi Jinping a désigné comme un objectif de reconquête.
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Il a enfin évité d’entamer une crise ouverte avec Pékin à l’aube de l’année électorale américaine tout en montrant ses muscles. « Sleepy Joe », ou « Joe l’endormi » comme dit méchamment Donald Trump, ne dort que d’un œil.
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