Aux Etats-Unis, la question de l’antisémitisme qui sévit sur les campus des universités les plus prestigieuses provoque beaucoup de remous et même des démissions. C’est une crise très profonde qui secoue les labels les plus prestigieux des universités américaines.
Tour à tour, les structures de direction sont dénoncées pour leur trop grande complaisance à l’égard d’une pseudo liberté d’expression qui sert en réalité d’habillage à des opinions clairement antisémites.
UPenn, l’université de Pennsylvanie, fondée en 1740 à Philadelphie, Columbia, située à New York, Harvard, qui trône à Boston, Stanford, implantée en Californie et bien d’autres établissements encore sont contaminés par cette vague.
En cause, une lecture extensive du premier amendement à la constitution, qui proclame la liberté d’expression de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement. Depuis des semaines, beaucoup d’étudiants, à la vue des événements de Gaza, organisent des manifestations pro-palestiniennes.
Le Congrès a ouvert une enquête sur un potentiel « antisémitisme endémique » sur les campus
Ces jeunes, travaillés par le wokisme, viennent à proclamer la liberté d’accuser l’État d’Israël de racisme, d’apartheid, d’intention génocidaire, ce qui justifierait chez certains d’entre eux la mise en cause globale des Juifs.
Les étudiants de cette confession se sentent en tout cas particulièrement visés et plusieurs mécènes de ces universités, parmi lesquelles se trouvent souvent des dirigeants d’entreprises juifs, sont indignés.
Cette colère a atteint la semaine dernière le Congrès des Etats-Unis, qui a décidé d’ouvrir une enquête sur ce qu’il qualifie d’antisémitisme endémique sur les campus. Les présidentes des universités de Harvard, interrogées durant cinq heures par la commission de la Chambre des représentants, celle de l’université de Pennsylvanie et celle du Massachusetts Institute of Technology, se sont toutes retrouvées sous le feu des critiques.
Une polémique qui exacerbe les fractures provoquées par la guerre Israël-Hamas
Pendant l’audition, les trois présidentes susnommées n’ont pas toujours bien répondu à la question de savoir si appeler au génocide des Juifs violait ou non le code de conduite de leurs universités.
Résultat : Claudine Gay, la présidente de l’université de Harvard, a pu sauver sa peau grâce au soutien apporté par le corps professoral de l’institution. A l’inverse, Elizabeth McGill, présidente de l’université de Pennsylvanie, a démissionné après des déclarations jugées trop lénifiantes.
A lire aussi
Cette polémique accentue les fractures provoquées aux Etats-Unis par la guerre entre Israël et le Hamas. La gauche du Parti démocrate apparaît vrillée par le wokisme, tandis que les Républicains exacerbent l’anti-wokisme. Jamais les admirables institutions que sont les universités américaines n’avaient été ainsi prises en otage.
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale
En Pologne, Donald Tusk revient au pouvoir : Un antidote aux populismes pro-russe ?
Le Danemark interdit les autodafés du Coran, est-ce le signe d’un recul des libertés publiques ?
Reconnaître Israël comme condition à la nationalité, la décision radicale d’un Land allemand