Henry Kissinger, un fin diplomate qui a œuvré dans l’ombre au dégel des relations entre les Etats-Unis et la Chine

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L’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger, mort en 2023 à l’âge de 100 ans, était un géant de la diplomatie américaine qui a joué un rôle clé dans le dégel des relations américaines avec la Chine de Mao Zedong en 1972.

Juillet 1969. L’avion présidentiel américain Air Force One survole l’Asie jusqu’au Pakistan avec à son bord le républicain Richard Nixon, élu il y a moins d’un an. Son incontournable conseiller à la sécurité n’est pas loin et est déjà très célèbre : c’est le docteur Henry Kissinger, l’homme aux grosses lunettes d’écailles.

Il est d’origine allemande, a fui le nazisme en 1938, a mené aux Etats-Unis une brillante carrière universitaire, et a fini par faire son entrée dans la Maison Blanche aux côtés de Richard Nixon. Dans l’avion, Kissinger discute en aparté avec le directeur du cabinet présidentiel, qui lui confie l’envie du président de « visiter la Chine dans l’année ». « Oh ! Il aura de la chance s’il peut aller en Chine avant la fin de son second mandat » s’amuse Kissinger.

Réchauffer les relations avec la Chine par des moyens détournés

A cette époque, les relations entre les Etats-Unis de Richard Nixon et la Chine de Mao Zedong sont glaciales, surtout depuis la guerre de Corée pendant laquelle les deux grandes nations se sont affrontées.

Nixon a bien l’intention de réchauffer ces relations. Dans une note adressée à Kissinger, il écrit : « Nous devons encourager par tous les canaux possibles les possibilités de rapprochement avec les Chinois, mais par des procédures officieuses privées, en aucun cas des initiatives ne devront nous être attribuées ».

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Ce n’est pas par idéalisme que Nixon veut se rapprocher de la Chine. Il y voit un intérêt majeur, celui d’ouvrir un nouveau front diplomatique contre celui qui est l’ennemi presque obsessionnel des Etats-Unis de l’époque : l’Union Soviétique.

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