500 artistes de tous horizons ont marché dimanche dans les rues de Paris pour demander la paix entre Israël et la Palestine, un mois et demi après l’attaque du Hamas sur le sol israélien. Selon l’ancien ambassadeur d’Israël en France Elie Barnavi, la création d’un état palestinien est la « seule solution réaliste ». Il était l’invité de la matinale de Radio Classique ce lundi.
Pour l’historien Elie Barnavi interrogé par David Abiker sur l’attaque du 7 octobre qui a engendré l’embrasement au Proche-Orient, « il est douloureux de constater à quel point on oublie vite ». « Pour nous juifs, il faut remonter aux massacres perpétrés par les Einsatzgruppen pour retrouver cette bestialité » souligne-t-il.
Ne pas réagir à un tel événement était « impossible » pour l’ancien ambassadeur d’Israël en France. Le Hamas est maintenant « terré au milieu de la population civile, sous terre ». L’opération militaire est donc « compliquée et nécessairement meurtrière » et mène à une « tragédie » pour Elie Barnavi. Cependant, ce dernier pense qu’elle aboutira heureusement « au démantèlement du Hamas ».
L’erreur d’avoir « sciemment ménagé le Hamas »
Celui qui se définit comme un « vieux militant de la paix » explique n’avoir jamais compris comment « on avait laissé ce chancre, ce cancer [le Hamas] prospérer à nos frontières ». Cette erreur d’avoir ignoré ce groupe terroriste émane selon Elie Barnavi d’un « choix politique désastreux », celui d’avoir « sciemment ménagé le Hamas pour mieux éliminer politiquement l’autorité palestinienne ».
Aujourd’hui, l’historien défend la « création d’un état palestinien » comme étant la « seule solution réaliste » pour aboutir à la paix. Pour Elie Barnavi, il est « extraordinaire » de constater que « le Hamas, par cette attaque inouïe a remis la question palestinienne au centre » du débat.
« Il ne faut pas laisser derrière soi une Somalie à Gaza »
« Des pires tragédies surgissent parfois les solutions » selon l’ancien ambassadeur d’Israël en France, qui croit fermement en la paix entre l’état hébreu et l’autorité palestinienne. « Je ne suis pas un optimiste béat » mais « c’est une fatalité historique, toute guerre finit par la paix » insiste l’historien.
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Pour aboutir le plus rapidement possible à la fin du conflit, « seuls les Américains peuvent faire quelque chose avec l’appui des Européens ». Pour Elie Barnavi, il est certain « qu’il ne faut pas laisser derrière soi une Somalie à Gaza ».
Paul Cassedanne
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