Le président russe Vladimir Poutine semble traverser une période qui lui est favorable. Il vient de décider de renforcer les effectifs de l’armée russe et les dépenses d’armement vont être sensiblement augmentées. Y-a-t-il un sursaut russe ?
Le maître du Kremlin a fait voter par la Douma, la chambre basse du Parlement russe, une hausse de 70% des dépenses militaires en première lecture du projet de loi de budget 2024-2026. Il lance une croisade morale pour relancer la natalité en Russie (où l’espérance de vie des hommes âgés de quinze ans a baissé d’environ cinq ans, pour atteindre le même niveau qu’en Haïti).
Enfin, il vient de signer, le vendredi 1er octobre, un oukase ordonnant d’augmenter de 15% des effectifs des forces armées russes, soit 169.372 militaires supplémentaires. C’est comme si Vladimir Poutine entamait une remontée après avoir touché le fond, car il surfe sur les difficultés rencontrées par les Ukrainiens.
Les chars occidentaux n’ont pas porté de coup décisif
On assiste à une conjonction défavorable à Kiev. D’une part, les livraisons de matériels par les Occidentaux n’ont pas joué le rôle de game changer, d’inverseur de tendance, qu’on leur avait un peu trop généreusement attribués. On pense en premier lieu aux chars (notamment les Leopard II allemands, qui devaient porter des coups décisifs).
D’autre part, des problèmes propres au camp ukrainien ont éclaté au grand jour. La corruption d’abord, un mal endémique que la perspective d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne a transformé en clause rédhibitoire. Ensuite, des divergences sont apparues entre les orgueilleux objectifs de Zelenski et les capacité réelles des armées, d’où des divergences sérieuses, et rendues publiques, entre le chef d’Etat major des années ukrainiens, le général Zaloujny, et le président Zelenski.
Poutine profite du contexte au Proche-Orient pour redorer son blason
Mais la ligne de fond demeure la fatigue des alliés occidentaux de l’Ukraine. En arrière-plan de la bataille présidentielle aux Etats-Unis, où chaque camp fourbit ses armes, Joe Biden constate à quel point les Républicains font campagne en mettant en avant le lâchage américain de l’Ukraine.
Ajoutons à cela le massacre du 7 octobre, en Israël, et la guerre de Gaza, qui refocalisent l’investissement militaire américain sur la vieille zone conflictuelle du Moyen-Orient.
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Incontestablement, Poutine profite de tout ce contexte pour redorer son blason. Il a repris le contrôle du tempo. Simultanément aux déceptions ukrainiennes, il renforce ses capacités de destruction, c’est sa stratégie, et il parie sur la lassitude des Occidentaux. Le président russe spécule maintenant sur la victoire de Donald Trump contre Joe Biden, ce qui constituerait, pour le coup, un vrai game changer.
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