Une absence sera remarquée à la 28e Conférence des Parties sur le Climat qui s’est ouverte ce jeudi à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis. C’est celle du pape François, trop affaibli pour faire le déplacement. L’occasion tout de même de revenir sur l’engagement des religions dans le combat contre le réchauffement climatique.
Cela n’a rien d’une maladie diplomatique, bien au contraire : pour des raisons de santé, le pape François a été contraint d’annuler le voyage qu’il avait prévu d’effectuer à Dubaï.
A bientôt 87 ans, une bronchite infectieuse très aigüe l’oblige à renoncer à tout déplacement. Rappelons que le pape a subi l’ablation partielle d’un poumon dans sa jeunesse.
Le souverain pontife est sans doute fort marri de cette annulation, car il tenait à être le premier pape présent à une COP de l’ONU et devait prononcer un discours important le 2 décembre.
Le pape tient énormément à la cause climatique
L’écologie est véritablement la pierre angulaire de son pontificat. Sitôt élu, Jorge Mario Bergoglio a choisi pour nom celui du plus grand saint protecteur de la nature et des animaux, François d’Assise, l’homme qui écrivit le magnifique « Cantique des Créatures » :
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.
Selon le pape, l’Homme ne peut pas vivre en étant en guerre avec tous les ordres du vivant à la fois ; les animaux qu’il tue, les végétaux auxquels il inflige ses pesticides, les autres humains entre lesquels les guerres se perpétuent. Le respect de la nature et la paix sur la Terre vont strictement de pair.
Le judaïsme est opposé à un « environnementalisme » pseudo-religieux
En 2015, François avait publié une encyclique très remarquée, Laudato Sii, « Loué sois-tu », dans laquelle il critiquait le consumérisme de nos sociétés et le développement irresponsable.
De façon surprenante pour un texte pontifical, il avait provoqué un débat entre scientifiques dans le monde entier, preuve que le pape avait visé juste.
Les religions ont des rapports variés à la protection de l’environnement. Le judaïsme est par exemple radicalement opposé à un « environnementalisme » pseudo-religieux qui met l’accent sur un culte de la nature. L’essentiel est la connaissance de Dieu et l’obéissance à Ses commandements ; cela ne laisse aucune place à d’autres valeurs fondamentales.
Mais au Jardin d’Eden, l’œuvre du Créateur est pure et sans aucune chimie ; c’est donc par une méditation essentielle que l’Homme en vient au respect de ce que Dieu a fait.
Il n’y a qu’une seule vérité en matière de respect de la nature
Pour la religion musulmane, l’écologie a longtemps été un angle mort, en raison d’une obsession ritualiste qui a éloigné les préoccupations universalistes, lesquelles ont le défaut de porter la marque des idéaux importés d’Occident. Mais différents courants soufis, certes un peu élitistes, incorporent désormais ce souci à leurs réflexions.
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En matière de respect de la nature, il y a plusieurs sons de cloche, mais une seule vérité : l’Homme qui est appelé à croître et à multiplier est aussi voué à réfléchir et à réparer.
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