Une attaque lancée ce dimanche dans la mer Rouge par un commando de rebelles houthis braque soudain les projecteurs sur le Yémen. Les assaillants ont revendiqué leur solidarité avec les Palestiniens mais ils poursuivent d’autres objectifs. Derrière l’action des Houthis, un pays est à la manœuvre : l’Iran, qui instrumentalise les rebelles.
Le dimanche 19 novembre, un groupe de Houthis s’est livré à une action dont les détails sont connus grâce à une vidéo extrêmement professionnelle montrant le commando en action : arrivée en hélicoptère, descente par filin, armes braquées sur les membres d’équipage, prise de contrôle du bateau et déviation immédiate vers un port de la côte yéménite. Mais les assaillants semblent avoir été très mal renseignés sur la nature de leur victime.
Les Houthis se sont vantés sur le réseau social X (ex-Twitter) d’avoir saisi un navire israélien au nom « des massacres horribles et odieux perpétrés par l’ennemi israélien ». Or, il s’avère après vérification que le navire a pour propriétaire une société britannique, dont la maison-mère appartient à l’homme d’affaires israélien Abraham Rami Ungar.
Par ailleurs, la société exploitant le bateau est japonaise et aucun des 25 membres d’équipage n’est israélien mais ukrainien, bulgare, philippin ou mexicain. Ces précisions ont été fournies par Benjamin Netanyahu lui-même, qui a saisi l’occasion pour prendre la communauté internationale à témoin de l’agression houthie.
Une guerre ravageuse entre les Houthis et le gouvernement du Yémen
Les Houthis portent le nom d’un chef religieux yéménite d’obédience zaïdite, Hussein Badreddine al-Houthi, tué par les forces armées du Yémen en 2004. Les zaïdites représentent un des courants de la doctrine chiite et forment une communauté religieuse distincte de la majorité des Yéménites, lesquels sont sunnites.
La communauté houthie constitue 40 % de la population du Yémen. Depuis 2014, une guerre civile absolument ravageuse oppose les Houthis, qui veulent faire sécession, au gouvernement central de la capitale, Sanaa. Pour complexifier encore le sujet, l’Arabie Saoudite soutient Sanaa, tandis que l’Iran chiite s’est évidemment porté au secours des rebelles houthis.
Les Houthis ne font qu’appliquer l’agenda iranien
Les rebelles houthis, instrumentalisés par Téhéran, ont reçu un armement conséquent, notamment des Typhoon, version remodelée des missiles iraniens Qadr, d’une portée de 1600 à 1900 kilomètres. Une telle distance permettrait d’atteindre le territoire israélien si ces missiles ne souffraient pas d’une grande imprécision.
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En réalité, en prétendant rejoindre « l’axe de la résistance » à l’appui des Palestiniens du Hamas, les Houthis ne font qu’appliquer l’agenda iranien avec leurs faibles moyens. Ce dernier consiste à ouvrir des brèches partout où il y a des failles, du sud du Liban contrôlé par le Hezbollah au sud du Yémen, afin d’épuiser les forces d’Israël. Méditerranée, golfe Persique, mer Rouge… l’Iran suit la « tactique de la pieuvre ».
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