Rapport sur les violences sexuelles commises par le Hamas : Que reproche Israël à l’ONU ?

Lev Radin/Sipa USA/SIPA

Le torchon brûle de nouveau entre Israël et l’ONU. En cause, un rapport sur les violences sexuelles commises pendant et après le massacre du 7 octobre. Pourquoi est-il critiqué par l’Etat hébreu ?

Le rapport décrié par Israël est une enquête très solide, synthétisée par la représentante spéciale de l’ONU sur les violences sexuelles lors des conflits, Pramila Patten. Des dizaines d’entretiens réalisés avec des survivants des attaques et des responsables d’institutions, 5000 photos, 50 heures de vidéos visionnées, qui permettent d’arriver à la certitude que des violences sexuelles ont été commises dans « au moins trois endroits » du territoire israélien le 7 octobre.

Concernant les 250 otages capturés par le Hamas, dont 130 sont toujours détenus, le rapport estime disposer d’« informations claires et convaincantes selon lesquelles certains [otages] ont été soumis à diverses formes de violence sexuelle liée au conflit, y compris le viol et la torture à caractère sexuel ». L’enquête est très sérieuse, mais les autorités israéliennes ne décolèrent pas.

L’ONU est critiquée par Israël depuis des décennies

En effet, afin d’éviter d’accuser uniquement le camp palestinien, le rapport de l’ONU fait aussi mention de certaines formes de violence sexuelle à l’encontre de femmes et d’hommes palestiniens dans leurs lieux de détention. Comme s’il fallait instaurer une symétrie entre les deux camps en termes de viols pour relativiser les horreurs du 7 octobre. Par ailleurs, l’ONU se voit reprocher de ne pas avoir convoqué le Conseil de sécurité pour évoquer les conclusions du rapport, ce qui aurait donné beaucoup plus d’écho aux exactions commises.

Depuis des décennies, l’action des Nations Unies auprès des Palestiniens est vivement critiquée par les Israéliens – qui n’ont pas toujours raison, loin s’en faut. Mais la tension s’est brusquement accrue, le mois dernier, avec la découverte d’un tunnel creusé par le Hamas sous le siège de l’UNRWA, à Gaza, long de 700 mètres, situé à 18 mètres de profondeur, et dont l’entrée se trouve près d’une école gérée par l’ONU.

Le Hamas ignore « qui est vivant ou mort »

Auparavant, Israël avait accusé l’UNRWA, qui dispose de 13 000 employés à Gaza, d’avoir vu douze membres de son personnel compter parmi les participants aux attaques du 7 octobre. En réaction à ces accusations, une douzaine de pays, dont les Etats-Unis, avaient annoncé suspendre leur financement à l’UNRWA.

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Selon une déclaration effectuée lundi par Bassem Naim, l’un des hauts responsables du Hamas, le mouvement terroriste ignore « qui est vivant ou mort » parmi les otages retenus dans la bande de Gaza. Une question vient donc immédiatement à l’esprit : comment se fait-il que le Hamas donne, à intervalles réguliers, le bilan précis des victimes palestiniennes à Gaza, bilan chiffré à l’unité près, et que le même Hamas n’ait pas du tout connaissance du sort réel subi par les otages israéliens ?

Christian Makarian

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