« On coupe la télé » : l’attentat du 7 octobre ravive les plaies des victimes du 13-novembre

Stephane Lemouton-POOL/SIPA

Il y a 8 ans, le 13 novembre 2015, la France était frappée par les pires attaques terroristes de son histoire. Le bilan humain des attentats de Paris est de 130 personnes tuées et plus de 350 blessées. Après l’attaque lancée par le Hamas le 7 octobre en Israël, le souvenir de ce drame est particulièrement éprouvant pour les victimes et leurs proches.

Ce lundi, huit ans jour pour jour après les attentats du 13 novembre qui ont frappé Paris et Saint-Denis, des commémorations sur les lieux des attaques sont prévues en présence de la Première ministre Elisabeth Borne.

Les événements récents au Proche-Orient et en France rendent le souvenir des attentats particulièrement douloureux pour les victimes et leurs proches. L’attaque terroriste du 7 octobre et l’attentat d’Arras lors duquel un professeur a été tué dans un établissement scolaire ont ravivé des blessures encore à vif.

« Une rafale de kalachnikov peut déclencher des choses chez nous »

Depuis les massacres commis par le Hamas il y a un peu plus d’un mois, un flux d’informations ininterrompu est diffusé, comportant des détails rappelant des souvenirs traumatisants aux survivants du 13 novembre : des images de victimes qui courent pour fuir les tirs de kalachnikov, qui se cachent pendant des heures, les otages détenus dans la bande Gaza, les centaines de morts…

« On coupe la télé », raconte Arthur Dénouveaux, rescapé de la fusillade au Bataclan, pour qui il est particulièrement nécessaire de « se protéger » dans le contexte actuel. « On essaie de ne pas trop écouter la radio. Pareil pour Twitter et Facebook. Vous n’avez pas idée à quel point une rafale de kalachnikov peut déclencher des choses chez nous ».

Être unis face au terrorisme

Le président de l’association de victimes « Life for Paris » souligne l’horreur du stress post-traumatique : « on peut réussir à le mettre à distance, mais finalement il n’y a jamais de guérison ».

Par ailleurs, Arthur Dénouveaux s’inquiète d’une certaine « banalisation du terrorisme » et déplore que l’attaque meurtrière d’Arras ait suscité « beaucoup moins de réactions » que les événements en 2015. Le rescapé du 13 novembre décrit « une forme d’anesthésie générale » de la société, « très dure à vivre » pour les victimes d’attentat.

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« On a l’impression que les gens s’habituent à ce que l’on paye un tribut en vies humaines au terrorisme ». Le président de « Life for Paris » estime que la solidarité « serait peut-être un peu moins forte » qu’il y a huit ans si elle était mesurée aujourd’hui. Il conclut en rappelant l’importance de l’unité face au terrorisme et le risque des polémiques qui servent plutôt à le nourrir.

Julie Droin

 

Retrouvez le reportage de Julie Droin dans le journal à 8h04 :

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