Avec l’élimination du numéro deux du Hamas Saleh el-Arouri à Beyrouth, Israël fait entrer la guerre intensive qu’il mène contre cette organisation terroriste dans une nouvelle phase. Depuis le début de l’offensive israélienne à Gaza, l’Etat hébreu proclame haut et fort que son but est l’éradication complète du Hamas grâce à l’élimination de ses chefs.
Nous n’en sommes pas encore à la disparition de Yahya Sinouar, l’exécuteur de l’attaque du 7 octobre, ni à celle de Mohammed Deif, considéré comme le vrai cerveau de ce massacre. Mais l’élimination de Saleh el-Arouri mardi soir dans la banlieue sud de la capitale libanaise marque bien un cap : il s’agit du premier vrai succès israélien.
Outre les fonctions importantes exercées par cet individu au sein de l’organisation terroriste, le Hezbollah est ainsi directement atteint chez lui, dans ses murs. Installé au Liban depuis 2018, Saleh el-Arouri était l’homme-clé qui a œuvré au rapprochement entre le Hamas et le groupe chiite et à la mise en œuvre de la théorie de « l’unité des fronts » contre Israël.
L’armée israélienne a déjà montré par le passé sa puissance face aux forces du Hezbollah
Le Hezbollah, mouvement terroriste chiite libanais soutenu et financé par l’Iran, a clairement prouvé au cours de ces trois derniers mois qu’il ne souhaitait pas entrer dans un conflit de grande ampleur avec Israël.
Hassan Nasrallah, le chef du groupe, aurait trop à perdre dans une guerre ouverte car Tsahal a déjà démontré lors de la guerre de 34 jours, en juillet 2006, à quel point l’armée israélienne pouvait infliger des pertes mortelles aux milices chiites libanaises.
Ainsi, l’organisation terroriste n’a pas vraiment intérêt à ouvrir un deuxième front : jusqu’au 7 octobre, elle se situait dans une séquence favorable.
Le groupe islamiste chiite en position de force sur le plan intérieur comme extérieur
Sur le plan intérieur, Nasrallah apparaissait comme le maître absolu du jeu politique intérieur libanais. Si le Liban n’a toujours pas réussi à élire un nouveau président depuis un an, pour succéder à Michel Aoun qui s’était lui-même allié au Hezbollah, c’est justement parce que le groupe islamiste a son propre candidat chrétien, Sleiman Frangié, qui est comme par hasard un ami personnel de Bachar el-Assad.
Cela le rend totalement indésirable pour les autres partis chrétiens comme pour les différentes composantes de la vie politique libanaise.
Sur le plan extérieur, le Hezbollah était jusqu’ici le grand vainqueur de la guerre atroce que le président syrien mène contre son propre peuple. Si le tyran est toujours en place, il le doit en grande partie aux miliciens chiites, aux tueries et aux diverses exactions auxquelles ces derniers se sont livrés.
Une riposte verbale mesurée en guise de réponse aux actes d’Israël
C’est l’ensemble de ce bilan que le Hezbollah craint de voir vaciller en cas d’attaque frontale de la part de Tsahal, ce qui invite Nasrallah à éviter l’escalade – tout en annonçant une riposte verbale graduée.
A lire aussi
Tsahal s’est également préparé à rayer de la carte ce bilan si un deuxième front s’ouvrait au nord d’Israël. Tel est le calcul de Benyamin Netanyahu : en frappant le Hezbollah, il pourrait indirectement atteindre l’Iran.
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale
Au Danemark, l’abdication en douceur de la reine démontre la capacité de la monarchie à se perpétuer
Election présidentielle américaine : Joe Biden contre Donald Trump, le grand match de l’année 2024
Elections européennes 2024 : un scrutin crucial pour contenir la montée du populisme