Du 6 au 9 juin 2024, l’Union européenne tout entière se rendra aux urnes pour renouveler le Parlement de Strasbourg. En France, la liste du Rassemblement National est pour le moment largement favorite dans les sondages. Ce scrutin est vital pour le Vieux Continent, dont les habitants devront faire part de leur opinion sur des sujets stratégiques.
Depuis qu’elles ont été instituées en juin 1979 (il y avait alors neuf Etats membres dans la Communauté Economique Européenne), les élections européennes, qui ont lieu tous les cinq ans, soulèvent un problème fondamental.
Elles sont et restent conçues comme un match politique intérieur qui vient s’ajouter aux consultations électorales nationales au sein des 27 pays membres.
L’Europe est une arène offerte à 448,4 millions de citoyens, qui a beaucoup avancé, mais n’est toujours pas devenue une appartenance, malgré des signes d’adhésion forts et indéniables comme l’attachement à l’euro, réaffirmé par tous les peuples, y compris ceux qui ont porté au pouvoir des gouvernements europhobes.
Endiguer l’essor des droites nationalistes, un pari loin d’être gagné
Pourtant, ces élections 2024 sont considérées comme cruciales. Les Européens auront à se prononcer sur beaucoup de sujets essentiels : la guerre d’Ukraine, le rythme de l’inflation, les questions migratoires… le spectre est extrêmement large.
Mais il faudra avant tout s’assurer que le continent ne bascule pas dans le populisme. Car les membres de ce courant sont le plus souvent pro-russes ; ils demandent que les nations européennes se désengagent du soutien apporté à l’Ukraine.
L’option populiste conditionne donc les choix stratégiques. Or, endiguer la montée des droites nationalistes est en soi un défi qui est loin d’être gagné.
Le courant identitaire s’immisce désormais dans de nombreux pays européens
Après les dernières élections qui ont eu lieu en 2023 en Slovaquie et aux Pays-Bas, une montée des mouvements de droite radicaux a eu lieu.
Tour à tour, l’accession au pouvoir du Slovaque Robert Fico et la victoire électorale du néerlandais Geert Wilders, ont montré que le courant identitaire pouvait adopter toutes les couleurs nationales.
Il faut y ajouter le cas de l’Italie de Giorgia Meloni, elle-même à la tête d’une coalition de droite dure, et le succès électoral de la droite espagnole alliée à l’extrême-droite, bien que cet attelage n’ait pas réussi à former un gouvernement à Madrid.
Une élection pour donner la mesure de ce que l’Europe peut faire
Il ne faut pas non plus oublier tous les pays où la droite dure soutient le gouvernement en place. C’est le cas en Suède ou en Finlande, deux bastions de la social-démocratie. Enfin, il y a aussi les pays où les coalitions nationalistes-conservatrices sont solidement au pouvoir, comme en Hongrie ou en Lettonie.
Seule la Pologne vient de consacrer le recul des populistes de droite. Avec une réserve tout de même : ces derniers sont certes exclus du gouvernement, mais ils restent le groupe majoritaire au sein de la Diète de Varsovie.
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En 2024, les élections européennes vont donner la juste mesure de ce que le vieux continent est encore capable de faire. Ou de défaire.
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