Lors de sa visite dans la bande de Gaza ce lundi, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a annoncé une « intensification » des combats contre le Hamas. Selon le général Dominique Trinquand, invité de la matinale de Radio Classique ce mercredi, les conditions de la paix voulues par le chef de l’Etat hébreu seront très difficilement atteignables.
Dans une tribune publiée lundi dans le Wall Street Journal, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu détaille ses trois conditions principales pour arriver à la paix entre la Palestine et Israël.
Premièrement, le groupe terroriste du Hamas, qui a perpétré l’attaque meurtrière du 7 octobre sur le territoire israélien, « doit être anéanti ». Selon l’ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU Dominique Trinquand, un tel objectif n’est pas envisageable.
« Le Hamas est une idéologie qui ne s’éradique pas comme ça » insiste-t-il. Par ailleurs, bien qu’Israël avance sur le plan militaire, « la tête opérationnelle [du mouvement] à Gaza n’est toujours pas décapitée ».
« La pression mise par Israël » réduit les chances de réussite d’une démilitarisation de Gaza
Le deuxième prérequis à la paix selon Benyamin Netanyahu réside dans la nécessité de « démilitariser la bande de Gaza ». C’est encore une fois complexe : « on peut casser des tunnels, détruire des stocks d’armement, mais cela peut recommencer » explique le général.
Ensuite, « la jeunesse, qui fournit l’essentiel des combattants du Hamas, n’est pas près de s’arrêter ». Au-delà de l’idéologie « terroriste abominable » défendue par le mouvement, la « pression mise par Israël » joue également un rôle dans la perpétuation d’un vivier de soldats prêts à combattre.
« Comment voulez-vous qu’un jeune Gazaoui, né dans une ville totalement enfermée, où l’aide arrive au compte-goutte, puisse ne pas avoir un ressentiment énorme, une volonté de destruction ? ». Le général rappelle que ce n’est pas « justifiable » mais « quand vous ne voulez pas antagoniser l’adversaire, vous prenez des mesures pour l’amadouer » : « or ce n’est vraiment ce qui se passe ».
« Le cœur du Hamas » s’étend désormais au-delà des frontières de la bande de Gaza
Dans sa tribune, le premier ministre israélien détaille une dernière condition : celle de déradicaliser la société palestinienne. Là encore, pour le général Dominique Trinquand, c’est « impossible ». « On prend actuellement le chemin inverse » analyse-t-il.
En effet, Gaza était jusqu’à présent « le cœur du Hamas » mais celui-ci « s’étend désormais à la Cisjordanie ». Le spécialiste des relations internationales décrit deux phénomènes : d’abord, « l’implantation de colonies juives extrémistes » sur le territoire, « qui ont été armées […] et qui ont tué un certain nombre de Palestiniens ».
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Le second événement est la libération de prisonniers en Cisjordanie, obtenue contre celle des otages retenus à Gaza. « Cela a renforcé l’idéologie du Hamas en Palestine, et ce que nous souhaitions, à savoir bien séparer les terroristes du Hamas de la juste cause palestinienne, est en train de s’effondrer ». Le général le déplore : « il y a maintenant une confusion » entre ces deux éléments.
Paul Cassedanne
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