Le chef d’orchestre Daniel Barenboim condamne l’attaque du Hamas tout en dénonçant le siège de Gaza

Michal Kamaryt/AP/SIPA

Le pianiste et chef d’orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim condamne « farouchement » l’attaque du Hamas, tout en désapprouvant la riposte militaire de l’État Hébreu sur Gaza.

C’est un homme de dialogue qui prend la parole après l’attaque du Hamas. Alors que la guerre a déjà fait 1.200 morts et plus de 2.700 blessés côté israélien, et 1.055 morts et plus de 5.184 blessés côté palestinien, Daniel Barenboim, une des grandes figures du monde classique explique avoir suivi les évènements du week-end « avec horreur et la plus grande inquiétude ». 

« Je vois la situation en Israël/Palestine s’aggraver jusqu’à des profondeurs inimaginables ». Un choc pour celui qui s’est depuis longtemps engagé pour un dialogue de paix au Proche-Orient, en créant notamment avec l’Américano-palestinien Edward Saïd le West-Eastern Divan Orchestra. L’ensemble réunit des jeunes musiciens originaires d’Israël et des États arabes voisins.

Daniel Barenboim réclame « la fin de l’occupation »

« L’attaque du Hamas contre la population civile israélienne est un crime odieux que je condamne farouchement » poursuit le musicien, pour qui cette tragédie « qui ne se limite pas aux vies perdues, mais également aux prises d’otages, aux maisons détruites et aux communautés dévastées perdurera encore longtemps ». Un discours ferme qu’il a durci ce week-end dans un entretien au quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung. « Rien ne justifie les actes terroristes barbares du Hamas contre des civils, y compris des enfants et des bébés », at-t-il déclaré.

De nationalité israélo-argentine, Daniel Barenboim possède également un passeport palestinien, et ne veut pas oublier le sort des populations civiles palestiniennes. Ainsi, dans son communiqué, il fustige le siège de Gaza par Israël, qu’il voit comme « un acte de punition collective, qui constitue une violation des droits de l’Homme ».

En 2018 déjà, après le vote d’une loi définissant Israël comme un État-nation juif, Daniel Barenboim avait déclaré dans une tribune au journal Haaretz qu’il avait « honte d’être Israélien » et que cette loi créait « clairement une forme d’apartheid ».

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Dans son communiqué, Daniel Barenboim rappelle qu’il a « toujours cru que la seule voie vers la paix entre Israël et la Palestine doit être basée sur l’humanisme, la justice, l’égalité et la fin de l’occupation plutôt que sur l’action militaire, et je me trouve aujourd’hui plus fermement ancré dans cette conviction que jamais ». 

Philippe Gault

 

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