Après les terribles déconvenues rencontrées par l’armée russe en 2022 et jusqu’à l’été 2023, l’année 2024 semble s’amorcer de manière plus favorable aux forces russes. Vladimir Poutine, qui brigue un quatrième mandat présidentiel en mars 2024, a-t-il raison de se montrer confiant pour les mois à venir ?
A priori, pour Vladimir Poutine, tout se déroule comme prévu depuis longtemps déjà. Au mois d’avril 2021, il s’était mis en ordre de bataille. Alors que la Constitution, dûment amendée, faisait passer le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, elle n’autorisait toujours pas un président sortant à effectuer plus de deux mandats consécutifs.
Poutine avait alors signé de sa blanche main une loi lui permettant d’être personnellement exempté de cette règle, ce qui ouvrait la voie à son maintien au pouvoir jusqu’en 2036. Sauf surprise, c’est bien ce scénario qui semble se dérouler sans ambages en 2024.
Le parti Russie unie, un outil d’influence majeur
Toutes ces modifications ont été validées par la Douma, la Chambre basse russe. Dès 2001, Poutine avait mis au point une véritable machine de guerre avec le parti présidentiel Russie unie.
Une légion aux ordres qui fournit les gouverneurs de province, les élus locaux, les responsables du pays profond et de la diagonale du pouvoir, cette ligne de force qui traverse l’immense territoire russe et ses 11 fuseaux horaires.
Une anecdote paraît-il tout à fait véridique circule à ce sujet : Poutine est attablé au restaurant à Moscou avec les cadres de son parti. Le maître d’hôtel s’approche et demande : « Que prendrez-vous, Monsieur le Président ? ». Il répond : « Je prendrai un steak ». « Et pour les légumes ? » ajoute le majordome. Le maître du Kremlin réplique : « Les légumes aussi prendront un steak ».
Les chiffres réels des pertes russes en Ukraine sont toujours inconnus
Il faut malgré tout reconnaître que Poutine a eu très chaud en 2023 lors de la tentative de putsch d’Evgueni Prigojine, le maître du groupe Wagner, professionnellement éliminé. Le président russe s’est rétabli, notamment en profitant des difficultés rencontrées par les forces ukrainiennes face à un mur défensif russe très efficace.
Mais est-ce pour autant une victoire russe ? N’est-ce pas une présentation des faits façon village Potemkine ? Car une énorme inconnue subsiste quant à l’état réel des pertes russes. Un rapport des services de renseignement des États-Unis récemment déclassifié fait état de 315 000 membres des troupes russes qui auraient été soit tués, soit blessés : soit 87,5% des effectifs de l’armée russe d’avant-guerre, puisqu’elle comptait alors 360 000 hommes.
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Il s’agirait donc en réalité d’une véritable hécatombe. L’on peut certes dire que 2024 débute sur un air de fanfare pour Poutine, mais la partie est loin d’être achevée car elle dépend désormais complètement de la détermination des Occidentaux à venir au secours de leur allié ukrainien. C’est le défi de 2024. Le maître du Kremlin brigue un nouveau mandat sans suspense, mais il scrute aussi une autre élection, bien plus haletante, qui se passe aux États-Unis.
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