Alors qu’Israël annonce ses ambitions concernant l’avenir de la bande de Gaza, la position de la diplomatie américaine dans les négociations devient de plus en plus délicate. Mais aussi de plus en plus cruciale.
Israël vient d’annoncer son plan radical pour « Le jour d’après » à Gaza, tout en poursuivant les négociations secrètes au Qatar. Mais que se passe-t-il entre Washington et Jérusalem ? La gravité se lit sur le visage du secrétaire d’Etat Antony Blinken, un francophone et francophile qui travaille avec Joe Biden depuis 2002, alors que ce dernier présidait le Comité des Affaires étrangères du Sénat.
Travailleur acharné et diplomate plus que chevronné, Blinken, ou The Envoy (« L’Envoyé »), comme le titrait il y a deux mois le magazine Time, est en charge de la tâche la plus difficile qui soit : exiger d’Israël plus d’égards vis-à-vis de la population civile palestinienne de Gaza tout en réitérant son soutien indéfectible à Israël.
« Le jour d’après le Hamas »
Un véritable écartèlement, qui ne cesse de connaître des pointes d’accélération. Jeudi 22 février, Benjamin Netanyahu a dévoilé son plan pour Gaza, baptisé « Le Jour d’après le Hamas ».
L’intention de cette feuille de route est de perpétuer l’occupation « indéfiniment » afin de maintenir le contrôle sécuritaire d’Israël à Gaza et en Cisjordanie et de prolonger l’offensive militaire à l’identique jusqu’à la destruction des capacités armées du Hamas – sachant que la moitié des effectifs du Hamas resteraient à ce jour opérationnels et que ses chefs demeureraient a priori hors d’atteinte.
Blinken a aussitôt rappelé publiquement l’opposition des Etats-Unis à toute « réoccupation » de la bande de Gaza. En effet, depuis de longues semaines, les pressions américaines augmentent pour mettre fin aux hostilités à Gaza, et pour esquisser une administration alternative au terme des opérations militaires dans l’enclave.
Les représentants d’Israël, des Etats-Unis, de l’Egypte et du Qatar réunis à Paris
En réalité, Netanyahu a choisi de mener la vie dure à ses meilleurs alliés et semble ne pas avoir cure de leur point de vue. Pourtant, ce sont ces mêmes alliés qui lui prêtent main forte sur un autre dossier, absolument crucial.
Vendredi, les représentants d’Israël, des Etats-Unis, de l’Egypte et du Qatar se sont rencontrés à Paris et sont parvenus à un terrain d’entente. Dans la foulée, samedi 24 février, Israël a donné son aval à la poursuite des négociations par l’envoi d’une délégation au Qatar.
Une pause de six semaines et des libérations d’otages
D’après une source issue du Hamas, le plan discuté en janvier prévoirait une pause de six semaines et la libération de 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages.
A lire aussi
De son côté, Israël pose comme condition préalable « la libération de tous les otages, à commencer par toutes les femmes », tout en précisant qu’un tel accord ne signifie pas la fin de la guerre. Les médiateurs américains retiennent leur souffle. Autant dire que les Etats-Unis, tant et tant décriés, représentent le seul et unique espoir de déconflictuation.
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale