Emmanuel Macron vient d’ouvrir un vif débat entre alliés. En n’excluant pas l’envoi de troupes occidentales en Ukraine, il a provoqué une cascade de réactions. Comment comprendre cette saillie ?
Pour comprendre cette information, il faut retracer son contexte. Lundi 26 février, 25 dirigeants occidentaux étaient présents à l’Elysée pour définir un nouvel élan en faveur de l’Ukraine. La question des munitions était au centre des discussions car l’Europe devait en livrer un million avant la fin mars 2024. Elle n’en sera qu’à 500 000, mais les cadences de production augmentent vite. Idem pour les missiles et les bombes à moyenne portée.
Au cours des discussions, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, qui est pro-russe, s’est inquiété d’apprendre que certains pays avaient émis l’hypothèse d’envoyer des troupes en Ukraine sur une base bilatérale, donc indépendamment de l’Union européenne. Une journaliste a alors demandé au président français ce qu’il pensait de la possibilité d’envoyer des troupes occidentales en Ukraine.
Olaf Scholz s’est fendu d’une déclaration tranchante
Hors de toute déclaration à valeur doctrinaire, Emmanuel Macron a répondu : « Tout a été évoqué de manière libre et directe, ce soir. Il n’y a pas de consensus pour envoyer de manière officielle assumée des troupes au sol. Mais, en dynamique, rien ne doit être exclu. Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre. ». C’est à la suite de cette déclaration qu’est survenu tout ce que Macron avait peut-être, ou peut-être pas, mesuré. Elle a fait l’effet d’une bombe.
Rome, Madrid, Berlin et d’autres alliés européens ont opposé sans tarder une fin de non-recevoir à l’idée d’envoyer des troupes en Ukraine. Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est fendu d’une déclaration tranchante en estimant qu’il existait « une très grande unanimité » sur le refus d’envoyer des troupes. Un responsable de l’OTAN a ajouté qu’il n’y avait « aucun projet de troupes de combat de l’OTAN sur le territoire ukrainien ». Plus prudent, le Royaume-Uni a nié tout « déploiement à grande échelle », sachant qu’il y a déjà des spécialistes britanniques en Ukraine, à petite échelle.
La France à nouveau au centre du débat sur le soutien à l’Ukraine
Emmanuel Macron tenait pourtant une bonne séquence internationale car c’est à Paris qu’Israéliens, Egyptiens et Qataris se sont rencontrés la semaine dernière pour parler d’une pause à Gaza. Et lundi, Paris a rassemblé toute la famille Atlantique. Emmanuel Macron semble être « remonté sur le cheval ».
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L’éventualité de troupes occidentales en Ukraine soulève beaucoup de démentis, ce qui n’était pas forcément l’effet initialement recherché. Mais cela a au moins permis à la France de se remettre au centre du débat et même en pointe du soutien à l’Ukraine, ce qui correspond plutôt au but poursuivi.
A moins que tout cela ne soit à considérer aussi sous le prisme de la politique intérieure : il suffit de voir comment La France Insoumise et le Rassemblement national ont hurlé à la cobelligérance. Cela débusque une fois de plus, parmi les extrêmes, cette étrange empathie pour la Russie.
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