Il y a deux ou trois ans, les constructeurs automobiles chinois n’étaient pas dans le rétroviseur des constructeurs européens. Les marques allemandes dominaient même sur le marché chinois et en Europe, personne n’avait entendu parler et encore moins acheté une voiture made in China. Mais les choses ont changé.
Avec la montée en puissance de la voiture électrique, on a assisté à un nouveau départ, et comme les constructeurs chinois sont forts sur leur marché qui est le premier du monde, ils commencent à exporter avec succès leurs modèles.
Depuis le début de l’année, les marques comme MG, BYD ou d’autres ont déjà capté un petit quart du marché européen de la voiture électrique. Et cela ne va pas s’arrêter parce que ceux qui commencent à être connus vont monter en puissance et de nouveaux groupes pointent le bout de leur nez. Cette semaine, deux nouvelles marques – Leap Motors et Xpeng – viennent d’annoncer qu’elles faisaient de l’Europe une priorité.
Les Chinois ont progressé sur la qualité des véhicules électriques
Mais est-ce que les voitures chinoises peuvent séduire le consommateur européen ? Le premier argument pour capter l’attention, c’est le prix. Si sur chaque segment de marché vous êtes perçu comme étant de qualité équivalente entre 15 et 30% moins cher, c’est le meilleur argument marketing. Ensuite, il faut que la promesse de la qualité soit tenue. Et là, les Chinois ont énormément progressé.
Ils avaient appris avec les Européens à fabriquer les voitures à moteur thermique. Mais ils se sont lancés seuls dans l’électrique, et sont devenus si bons en coûts, en vitesse de développement et progressivement en qualité, en design et donc en image, qu’aujourd’hui ce sont les Européens qui s’allient avec eux. Stellantis est entré au capital de LeapMotors, Volkswagen à celui de Xpeng.
L’inconnu peut faire hésiter
Le raz-de-marée chinois est possible, mais pas certain. Les constructeurs occidentaux ont, ou vont, réagir. Ils vont proposer de l’entrée comme du haut de gamme et ils peuvent s’appuyer sur des marques fortes, des réseaux de distribution et d’entretien. Quand on achète un objet à plus de 15 ou 50.000 euros on a besoin d’être un peu rassuré, et l’inconnu peut faire hésiter.
L’Europe elle aussi va sans doute réagir. Elle ne sera pas aussi protectionniste que les Etats-Unis qui vont taxer l’auto chinoise à 100% mais les droits de douane vont grimper, les aides seront fléchées vers les voitures fabriquées en Europe. Et puis tous les Chinois ne sont pas encore très puissants. Il y a des géants comme BYD ou Geely mais il y a aussi des start-up prometteuses qui ne deviendront pas toutes des Tesla.
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La concurrence va être mondiale et sera féroce. Les constructeurs européens vont perdre de leur superbe, certains vont être en grande difficulté, mais ils ne vont pas tous mourir. Quand on achète une voiture on achète une part de liberté, on se fait plaisir. Ce n’est pas qu’un achat utile. Certains ne voudront donc pas d’une voiture chinoise.
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