Le Tour de France a débuté ce samedi à Florence et on apprend que l’Arabie Saoudite cherche un moyen de devenir un acteur majeur du cyclisme professionnel. Pour atteindre son but, le pays ne renoncera à rien.
(émission diffusée le 28 juin 2024)
L’ambition de Riyad n’est pas de faire du Tour d’Arabie Saoudite – qui existe déjà – une course par étapes qui puisse rivaliser avec le Tour de France. Son objectif est de lancer un nouveau championnat du monde du cyclisme avec de multiples épreuves, des courses plus importantes que d’autres comme il existe des grands chelems dans le tennis. L’Arabie Saoudite financerait l’évènement et donc l’actionnaire de ce championnat « nouvelle formule ».
Aujourd’hui dans le vélo, ceux qui gagnent de l’argent ne sont pas les équipes professionnelles, mais les organisateurs des courses. Au premier plan, ASO, le propriétaire du journal L’Equipe qui organise entre autres le Tour de France. Le groupe vend les droits télés, fait payer les sponsors de la caravane du Tour et les villes-étapes. En échange, quelques primes sont distribuées aux vainqueurs d’étapes et ASO contribue de façon marginale aux frais de courses des équipes.
L’Arabie Saoudite organisera une Coupe du monde de football en 2034
Les équipes financent presque tout, et doivent s’appuyer sur les « sponsors maillots » qui payent pour avoir une visibilité. Elles ont le sentiment d’assurer le spectacle sans réellement bénéficier des retombées économiques qu’elles génèrent. L’Arabie saoudite, elle, propose aux équipes de gagner de l’argent et c’est souvent un bon argument pour séduire.
Dans le football ou le golf, l’Arabie Saoudite a su utiliser ses pétro-dollars pour devenir un acteur de poids et ainsi essayer d’améliorer son image internationale comme le Qatar l’a fait. Riyad organisera une Coupe du monde de football dans 10 ans, et est en train de devenir actionnaire de la célèbre PGA qui contrôlait tout auparavant dans le secteur du golf.
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S’agissant du cyclisme, son projet est de payer pour attirer de grands sportifs sur les courses qui ne sont pas aujourd’hui les plus importantes, mais qui pourraient le devenir. Une douzaine d’équipes auraient déjà fait part de leur intérêt parce qu’on leur promet des recettes de billetterie, une part des droits TV et d’autres revenus. Si les équipes arrivent à unir leurs forces et à s’entendre, elles seront ensuite en position de force pour faire pression sur les organisateurs du Tour de France. Le projet baptisé One Cycling de l’Arabie Saoudite peut faire pschitt. Mais ça peut aussi être le début d’un bras de fer. Et souvent dans les bras de fer économiques… c’est le plus riche qui gagne.
David Barroux
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