Saupiquet va fermer sa dernière conserverie de poisson en Bretagne

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C’est la fin d’une époque pour l’entreprise agroalimentaire, connue dans les années 80 pour ses couscous en boîte notamment. Le groupe italien Bolton Food a décidé de fermer sa conserverie de poissons, basée depuis 1968 à Quimper dans le Finistère, où il y a eu jusqu’à 5 lignes de production dédiées aux maquereaux, aux sardines et à la restauration en dehors du foyer. 

Bolton Food a ouvert ce 20 juin une procédure d’information-consultation sur ce projet de fermeture de la conserverie qui compte 155 salariés, et dit travailler à des mesures d’accompagnement du personnel. Il n’écarte pas non plus l’idée de trouver un éventuel repreneur pour le site.

Saupiquet ne sera bientôt plus présent en France qu’à travers son siège social en banlieue parisienne. En attendant, une cellule d’aide psychologique avec un numéro vert a été mise en place par ce groupe détenue par la famille Nissim, propriétaire de marques bien connues comme WC net, Carolin, ou encore la colle Uhu.

Un site en surcapacité

En 2010, Bolton avait fermé un premier site industriel près de Vannes au profit de celui de Quimper. Pourquoi le groupe italien prend-il cette décision ? Parce qu’il vend de moins en moins de boîtes. En France, ses ventes ont chuté de 25 % en quatre ans, or 90 % de la production de cette usine est écoulée dans l’Hexagone.

Les sites sont tous en surcapacités et à Quimper, les lignes de productions tournent au ralenti. L’usine présente le plus faible taux d’utilisation du groupe, assure la direction du groupe italien qui estime le montant de ses pertes en France à 5 millions d’euros.

Un recul de 3% des ventes de conserves

Ce n’est pas la seule raison. Il y a aussi la flambée des prix des matières premières, des maquereaux notamment, et de celui des matériaux pour fabriquer les conserves. Par ailleurs les prix de l’énergie ont aussi pesé sur les coûts de production.

En parallèle, les Français ont réduit leur consommation alors que le secteur de la conserverie a souvent répercuté à la hausse les coûts de production. Le phénomène ne touche pas d’ailleurs que la conserve de poisson. L’an dernier, le marché de la conserve alimentaire a vu ses ventes reculer en volume de près de 3 % contre un repli de seulement 1 % pour l’épicerie salé, selon les chiffres d’Axia Consultants.

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Fait notable, Saupiquet est aussi victime d’un changement durable de consommation. Les conserves sont moins dans les habitudes des jeunes générations, qui se tournent plus facilement vers les produits frais. L’Italien a choisi malgré tout d’investir en communication pour tenter de soutenir les ventes, mais il privilégie en France une autre de ses marques, Rio Mare, spécialisée notamment dans le thon à l’huile. Thon à l’huile contre thon au naturel… ce sera la nouvelle bataille dans les rayon épicerie des supermarchés.

David Barroux

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