La stratégie avisée des Galeries Lafayette pour retrouver le sourire

Adrian Langtry/Shutterstock/SIPA

Le Covid a coûté cher aux grands magasins parisiens, qui ont dû fermer pendant plusieurs mois, et qui ont pâti de l’absence des clients chinois, qui représentaient 40% des clients. Le groupe Galeries Lafayette aurait pu en mourir mais, miracle, les choses commencent enfin à aller mieux.

Les actionnaires de ce groupe familial ont pris une décision courageuse en revendant une quarantaine de leurs magasins de province, souvent des Nouvelles Galeries et qui continuent plus ou moins bien sous un régime de franchise. Ils ont aussi vendu le BHV, leur autre grand magasin parisien et se sont un peu désengagés du groupe Carrefour.

Avec l’argent économisé ou récupéré – au-delà de s’être débarrassé de foyers de pertes – le groupe a pu réinvestir. D’une part, Galeries Lafayette pris le contrôle à 100% de La Redoute, qui avec sa marque AM-PM est aussi devenu un gros acteur du meuble. D’autre part, il a réinvesti 400 millions sur 5 ans pour moderniser son navire amiral parisien. C’est très important parce qu’un grand magasin doit être attractif. Il faut repenser l’espace, faire venir de nouvelles marques, créer de nouvelles attractions, investir dans la communication. Les dirigeants l’ont fait, et ça commence à payer.

Les Chinois ne représentent plus que 20% des visiteurs

Le groupe ne perd plus d’argent mais les charges ont augmenté, qu’il s’agisse du coût de l’énergie ou des salaires. La clientèle a aussi changé de profil. Avant le Covid, on comptait un tiers de Chinois, un tiers de Français et un tiers de touristes du reste du monde. Aujourd’hui les Français, qui dépensent souvent moins, représentent 40% des visiteurs. Ils sont revenus et c’est la bonne nouvelle. Les Chinois ne représentent plus que 20% des visiteurs et ce ne sont plus des groupes mais des clients individuels, plus difficiles à attirer.

L’autre bonne nouvelle c’est que les Américains ont profité du dollar fort pour revenir en masse. L’an dernier, le groupe a quand même attiré plus de 30 millions de clients et réalisé presque deux milliard de chiffre d’affaires au sein de son magasin du boulevard Haussmann. La parenthèse du Covid n’est pas encore refermée mais presque. Dans le textile, la mode, beaucoup de marques ont souffert depuis deux ans.

A lire aussi

 

 

La force du grand magasin et des Galeries Lafayette en particulier est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il y a des gammes de prix très étendues, du luxe à des produits accessibles et le magasin peut rester à la mode en attirant les nouvelles marques jeunes que les clients aiment venir découvrir dans les magasins qui sont de vraies destinations. Le Covid n’a pas tué les Galeries. Le ecommerce non plus.

David Barroux

 

Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique