Législatives 2024 : Baisser la TVA sur le gaz, l’essence et l’électricité, une grave erreur économique

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Baisser la TVA sur le gaz, l’essence et l’électricité est la mesure d’urgence à prendre dès cet été, selon le président du RN Jordan Bardella. Mais ce serait une erreur stratégique pour la France. 

C’est une mesure populaire, qui réduirait la facture de bon nombre de Français. Et le gouvernement est mal placé pour la critiquer, lui qui a instauré un bouclier sur l’électricité et le gaz, et une ristourne sur les carburants. Mais ces mesures étaient elles-mêmes discutables et par ailleurs temporaires, liées à un contexte de crise. Là, ce n’est plus le cas, et la facture serait considérable : entre 12 et 17 milliards d’euros, alors que les caisses sont vides.

L’efficacité ensuite pose question : sur la baisse des prix d’abord, car une partie de la baisse de TVA pourrait venir grossir les marges des distributeurs. Sur le caractère social de la mesure ensuite, présentée comme favorable aux classes populaires, alors qu’elle bénéficierait davantage aux plus aisés qui consomment plus d’énergie. Enfin, cela irait à contresens de tout ce qu’il faut faire sur l’écologie, à savoir le verdissement de la fiscalité.

Des mesures risquées

Le RN assure néanmoins que sur un plan budgétaire, cette mesure serait financée et c’est vrai, mais uniquement pour 2024. Et certaines économies avancées interrogent, à l’instar de la suppression de la niche fiscale des armateurs qui pénaliserait CMA-CGM, un fleuron français du transport maritime. Est-ce vraiment une bonne idée ?

Les industriels alertent par ailleurs sur la suppression envisagée par le RN des « compensations carbone ». Un mécanisme qui permet aux sites les plus gourmands en énergie, comme les aciéries, de réduire le coût du CO2 imposé par l’Europe. Là encore, c’est très risqué.

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Quant à la baisse de 2 milliards de la contribution française au budget de l’UE, elle entraînerait à coup sûr un bras de fer avec nos partenaires. Alors même que l’aval de Bruxelles est indispensable pour pouvoir baisser la TVA sur les produits énergétiques. Le financement est donc loin d’être assuré.

Etienne Lefebvre

 

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