Thierry Breton a fait un rappel que certains jugeront nécessaire, ce matin à l’antenne de Radio Classique. À 6 jours du premier tour des législatives anticipées, le commissaire européen pour le marché intérieur (numérique, industrie et services, défense, espace, audiovisuel, tourisme) a pointé l’ombre qui plane sur ces élections, celle du président russe.
Comment la Commission européenne réagira-t-elle au lendemain du 7 juillet, si le RN ou le Nouveau Front Populaire, aujourd’hui les mieux placés dans les intentions de vote, appliquent leur programme économique ? Quels que soient les résultats de l’élection, explique Thierry Breton, des discussions seront engagées entre la Commission et les dirigeants français pour « bâtir ensemble cette trajectoire de retour [du déficit public] en-dessous des 3% du PIB et réduire une dette inacceptable et insupportable ».
C’est le sujet principal dont il faut parler, estime l’invité de David Abiker. Si les objectifs ne sont pas tenus, des sanctions sont prévues, allant jusqu’au paiement de l’équivalent de 0,5% du PIB chaque année. Mais le « fond du problème », selon lui, est que la France, « avec ses 3100 milliards de dette, est le premier emprunteur en euros au monde et [qu’elle doit] emprunter plus de 300 milliards sur les marchés ».
Une France « en danger »
Des montants déjà stratosphériques alors que nous vivons une situation « tout à fait inédite », liée aux programmes économiques des différents candidats. « Je n’ai jamais vu ça », souffle Thierry Breton. Dès le lundi 10 juin, au lendemain de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée national, les Spreads, qui mesurent la différence de coûts entre la dette de la France et celle de l’Allemagne, a augmenté de 30 points de base pour passer à 80 points de base : « sur l’ensemble du stock de dettes, cela représente 30 milliards de plus à payer » !
Décrivant une France « en danger », il accuse ceux qui ont « contribué à créer cette dette », pointant les parlementaires « à droite ou à gauche de l’hémicycle », qui n’ont pas soutenu les mesures « qui allaient précisément nous permettre d’assainir nos finances publiques », citant l’emblématique réforme des retraites. « Dès que des économies étaient proposées, ils votaient contre », s’agace-t-il. « Ils sont coresponsables de cette situation ».
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Une situation qui fragilise la France et l’Union européenne face aux puissances étrangères : « avant de mettre un bulletin dans l’urne, il faut regarder les positionnements des uns et des autres et ne pas oublier qu’il y en a un qui se frotte les mains en ce moment… c’est Vladimir Poutine ».
Béatrice Mouedine
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