Législatives 2024 : À Dunkerque, la réindustrialisation n’empêche pas le vote RN

« Là où une usine ferme, une permanence du Rassemblement national ouvre » : la formule est signée Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie l’a répétée ces dernières années, pourtant, la réalité est plus complexe, notamment à Dunkerque.

La réindustrialisation s’amorce dans le Nord. Deux giga usines de batteries électriques doivent ouvrir dans la région de Dunkerque dans les prochaines années, ainsi que de nouveaux EPR. Pourtant le Rassemblement national n’a jamais autant séduit : il a fait plus de 38% aux élections européennes à Dunkerque et plus encore dans les villes située aux alentours. Rouvrir des usines ne suffit pas à contrer l’extrême-droite. Sur le marché de Petite Synthe, un quartier populaire de la ville, les tracts des militants RN s’écoulent plus vite qu’en 2022.

Martine, 65 ans, a voté pour la première fois pour le RN : « je votais socialiste. Mais aujourd’hui plus rien ne va, il n’y a rien pour les jeunes ». Lorsqu’on évoque la future usine de batteries électrique et ses 20.000 emplois, elle rétorque que « pour l’instant rien n’est fait. On attend ». Christophe, qui a commencé une formation pour éventuellement intégrer l’usine estime que ça ne résout rien : « le problème de Dunkerque, c’est que beaucoup d’entreprises se créent, mais il n’y a pas d’appartements. J’attends un logement social pour moi, ma femme et mes enfants depuis 5 ans ».

Le vote ne dépend pas que de facteurs économiques

Un peu plus loin sur le marché, des militants socialistes non affiliés au Nouveau Front Populaire alpaguent eux aussi les passants. Julien Gokel, maire de Cappelle-la-Grande, candidat aux législatives avec le maire de Dunkerque affirme que les futures giga factories devront être accompagnés de services publics de qualité : « 20.000 habitants n’ont plus de médecin traitant ! » Il souligne le « ras-le-bol » de la population, notamment après la réforme des retraites : « c’est un retour de bâton pour le gouvernement ». 

Le vote ne dépend pas que de facteurs économiques souligne Anaïs Voy-Gilis, chercheuse associée à l’IAE de Poitiers, spécialiste de la réindustrialisation : « Le sud-est de la France n’est pas animé par les mêmes dynamiques de désindustrialisation qu’on a dans le nord et l’est de la France, d’autant plus que le vote en faveur du Rassemblement national n’est pas uniquement un vote de contestation, c’est un vote d’adhésion ». On constate une progression lente mais certaine depuis plusieurs décennies et un travail d’emprise idéologique sur un temps long, estime la chercheuse, citant les thématiques de l’immigration, de l’identité et de la sécurité.

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Par ailleurs les électeurs pardonnent souvent les contradictions du RN sur le plan économique. Le parti se dit favorable à la réindutrisalisation mais s’oppose par exemple à l’interdiction de la vente de voitures thermiques en Europe. Or l’industrie dunkerquoise dépend désormais de la décarbonation.

Zoé Pallier

Ecoutez le reportage : 

 

Liste complète des candidats de la 13ème circonscription du Nord : 

Clément BÉZINE
EXTRÊME GAUCHE

Damien LACROIX
UNION DE LA GAUCHE

Julien GOKEL
DIVERS

Maxence ACCART
RASSEMBLEMENT NATIONAL

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