Législatives – « Immigrationniste » : En utilisant ce terme, Emmanuel Macron fait un « virage radical à droite », explique Franz-Olivier Giesbert

Lemouton /POOL/SIPA

La tension lors de cette campagne des législatives anticipées est encore montée d’un cran lundi 18 juin avec les propos d’Emmanuel Macron au sujet du Nouveau Front Populaire et de son programme « totalement immigrationniste ». D’où vient réellement ce terme, attribué à l’extrême droite? Franz-Olivier Giesbert l’a longuement évoqué dans Esprits libres ce jeudi 20 juin.

C’est un des évènements importants de cette campagne inattendue. Le mot utilisé par Emmanuel Macron marque « un changement de cap assez radical, un virage à droite, peut-être un peu tardif », selon l’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert, qui s’amuse que les médias ne se bousculent pas pour reprendre l’information.

L’immigrationnisme, rappelle-t-il, est un concept inventé par le sociologue Paul Yonnet dans son livre Voyage au centre du malaise français, L’antisémitisme et le roman national publié en 1993. « Un ouvrage incroyablement prophétique », selon FOG, qui montre « comment le courant intellectuel gravitant autour de François Mitterrand et de SOS Racisme a miné le roman national et même l’identité française ».

Une France qui n’assimile plus les nouvelles populations

Texte à l’appui, Yonnet montre que l’immigrationnisme ne consiste pas seulement à valoriser l’immigration, ce qui est selon lui « une évidence, dans un pays dont le peuple est un composé ». Ce concept, devenu l’idéologie d’une partie de la gauche, désigne également l’idée que « chacun est assigné à sa race, à son ethnie, au droit à la différence ». « La France n’a plus le droit d’assimiler comme elle l’a fait depuis toujours », résume l’écrivain. Elle serait même un « obstacle à l’épanouissement des peuples » dont il faudrait « faire le deuil ».

A lire aussi

 

 

Si Franz-Olivier Giesbert parle de changement de cap, c’est que, selon son analyse, Emmanuel Macron était lui-même immigrationniste, notamment en déclarant que la colonisation est un crime contre l’humanité, ou lorsque celui-ci parle « des » cultures françaises. Comment faut-il alors considérer le choix de ce mot, employé par la droite identitaire des années 90 ? Prépare-t-il le terrain à Jordan Bardella ? L’éditorialiste repousse cette idée, en assurant même qu’Emmanuel Macron pourrait revenir sur ses propos.

Béatrice Mouedine

 

Retrouvez tous les articles liés à la politique