C’est une crise politique majeure pour la droite. Le président des Républicains Éric Ciotti a été exclu du parti par les cadres de LR, à l’unanimité, pour avoir noué une alliance avec le Rassemblement national en vue des législatives anticipées. Une éviction qu’il refuse et contre laquelle il se dit prêt à lutter par des moyens juridiques.
Est-ce une histoire de vengeance ? Franz-Olivier Giesbert, dans l’émission Esprits Libres de ce jeudi 13 juin sur Radio Classique, a dressé le portrait d’un Éric Ciotti qui n’a pas su se faire respecter au sein des Républicains, et qui en souffre. Il le compare même au Petit chose, dans le roman autobiographique d’Alphonse Daudet, un personnage complexé qui n’a pas su grandir.
« Il a passé un accord avec le RN sans en parler à personne, il a fermé les portes du parti à double tour, la plupart de ses collaborateurs l’ont lâché et il a décidé de rester à son poste », égrène Franz-Olivier Giesbert. S’il montre cette résistance face aux cadres de LR qui l’ont exclu « à l’unanimité », c’est parce que selon lui, « c’est un homme seul qui souffre d’être méprisé par ses pairs depuis longtemps. Il se venge ».
Une prise de guerre pour le RN
L’éditorialiste évoque des « années de petites humiliations, de regards hautains », subis par Éric Ciotti, issu d’un milieu modeste et qui a longtemps travaillé dans l’ombre de Christian Estrosi. C’est une histoire personnelle qui devient romanesque, souligne Franz-Olivier Giesbert.
L’homme de la droite traditionnelle est désormais, « et c’est important » selon le journaliste, la première prise de guerre du RN depuis longtemps, d’autant que sa popularité parmi les militants de base n’est pas négligeable. En témoigne son arrivée en première position lors des primaires LR avant la présidentielle de 2022. En cas de victoire du Rassemblement national, il pourrait d’ailleurs avoir « un poste important [dans le futur gouvernement]; du type ministre de l’Intérieur », prédit Franz-Olivier Giesbert.
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Enfin, l’éditorialiste estime que l’accord passé avec le RN est aussi motivé par la volonté d’Éric Ciotti de faire battre Christian Estrosi : « Je crois que c’est son rêve. Le RN, qui n’avait pas de candidat sur Nice, lui a promis l’investiture » contre son rival et ex-mentor.
Béatrice Mouedine
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