Dissolution de l’Assemblée : « Emmanuel Macron a peut-être l’espoir de former une coalition pour réformer »

Alain ROBERT/SIPA

C’est une décision contestée de toute part. Emmanuel Macron a annoncé vouloir dissoudre l’Assemblée nationale dans la foulée des Européennes, après la victoire du RN et l’échec de la majorité présidentielle. Ce scénario était de toutes façons inéluctable, a estimé Lucie Robequain, rédactrice en chef aux Echos, dans l’émission Esprits Libres de ce mardi 11 juin. 

La dissolution est-elle forcément une mauvaise solution ? Elle « aurait eu lieu dans tous les cas à l’automne prochain », avec le probable dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement. Pour Lucie Robequain, Emmanuel Macron « exerce le seul pouvoir qui lui reste, celui du moment ».

Elle rappelle que depuis sa réélection, faute de majorité à l’Assemblée nationale, « il ne peut rien faire ». « Il a peut être l’espoir aujourd’hui de former une coalition avec une partie de la droite et une toute petite partie de la gauche pour réformer. C’est totalement inédit en France » suggère-t-elle.

La gauche pourrait être la grande gagnante des législatives… si elle maintient son unité

Cette reprise en main vise à trois choses, selon la journaliste : tenter de contenir la progression de Marine Le Pen, bénéficier politiquement de la dissolution, comme « François Mitterrand en 1988 et Jacques Chirac en 2002 », et faire exploser les autres camps.

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« Il est très probable que la droite ne survive pas totalement à cette épreuve », analyse-t-elle, expliquant qu’une partie des LR ira vers le RN, pendant que l’autre rejoindra le front républicain. S’agissant de la gauche, Lucie Robequain salue une « tentative assez réussie de faire front » avec un accord prévoyant des candidatures communes aux législatives. « S’ils parviennent à garder cette unité pendant 3 semaines, ce seront les grands gagnants de cette élection ».

Béatrice Mouedine

 

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